Secteur Amiens-centre — églises St-Roch, St-Jacques, Cathédrale, Sacré-Cœur et St-Leu.
Paroisse Hebdo n°364
« Là où est la messe, là est le repas », proclame un ancien adage chrétien. Il ne s'agit pas simplement d'une vieille tradition mais d'une réalité théologique. Peut-on réellement partager ce que nous avons de plus sacré et se séparer pour ce qui est le plus simple ? Est-il réellement possible de prier les uns pour les autres et de s'ignorer lorsque nous nous croisons ensuite ? Est-il possible de recevoir le Christ et de se fermer aux autres ? L'enseignement des Évangiles lie les deux commandements qui sont « semblables » (Mt 22, 39). L'Église, une paroisse, n'est pas simplement un rassemblement d'individualités, mais une communion. Le Ciel n'est pas une béatitude solitaire, mais la communion avec Dieu et tous les sauvés.
Cette année, une fois par mois, le deuxième dimanche, un repas partagé est proposé à la Maison paroissiale, 12 rue André. C'est au fond très simple : il y a les deux grands aspects d'un repas, d'abord, il faut de la nourriture et de la boisson, chacun apporte un plat ou une bouteille, quelque chose à partager. Ensuite il faut parler, car un repas c'est aussi cela. Parfois notre bouche est pleine pour écouter, et parfois il faut laisser les autres manger. Un bon plat, une bonne bouteille sont magnifiés par l'ambiance, les relations, la joie de la discussion.
Le deuxième dimanche du mois correspond au dimanche des catéchumènes, qui sont invités d'une manière particulière à ce repas, c'est une occasion favorable, facile, offerte de les découvrir, de les accueillir, de les aider à trouver une place dans la communauté. Notre société est de plus en plus divisée, et beaucoup souffrent de solitude, ces temps de partage ne sont pas un aspect accessoire de notre vie chrétienne mais un témoignage concret de la bonté de la vie chrétienne. Puissions-nous offrir l'exemple d'une vie différente et avoir la joie de la partager.
Prochains déjeuners le 8 novembre et 12 décembre 2026.
Consulter Paroisse hebdo en ligne
Paroisse Hebdo n°363
En France, on fleurit les tombes à la Toussaint. On s'amuse parfois de voir confondus la fête des saints et le jour des morts. Cette confusion n'est pourtant pas si fausse. Il y a environ mille ans, saint Odilon, abbé de l'immense abbaye de Cluny, demanda à ses moines de faire mémoire de tous les défunts au lendemain de la Toussaint ; cet usage gagna progressivement toute l'Église et ancra de façon solide notre façon de prier pour le repos de l'âme de nos morts.
Durant ces deux jours de la Toussaint et du 2 novembre, nous contemplons « une foule immense » (Ap 7, 9), ceux qui sont arrivés, et nous prions pour ceux qui sont encore en chemin. Car l'Église est une seule famille : certains de ses membres marchent encore sur la terre, d'autres déjà morts achèvent leur purification, d'autres contemplent déjà Dieu face à face, et tous demeurent unis dans le Christ. Nos défunts ne sont pas si loin de nous ! Et notre charité ne doit pas s'arrêter à la grille du cimetière. L'Écriture nous enseigne en effet que prier pour eux est « une pensée sainte et pieuse » (2 M 12, 46).
C'est justement le sens de l'indulgence que l'Église accorde en ces jours. Le mot fait sourire : on pense aux trafics du XVIe siècle dénoncés par Luther et abolis par le concile de Trente. Rien ne s'achète, pourtant. Prenons un enfant qui brise une vitre en jouant au ballon. Son père lui pardonne de bon cœur ; la vitre n'en reste pas moins à remplacer. Il en va de même du péché : le pardon de Dieu efface la faute, mais le désordre qu'elle a causé, en nous et autour de nous, demande encore réparation, ici-bas ou au purgatoire. L'indulgence, c'est la famille qui paie la vitre : l'Église puise dans son trésor — les mérites du Christ et des saints — pour régler ce qui reste dû (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1471-1479). Or nos défunts ne peuvent plus rien réparer eux-mêmes ; nous pouvons le demander pour eux. Voilà pourquoi l'indulgence de cette semaine ne profite qu'à eux : on ne la gagne pas pour soi, on la leur offre. Les saints du ciel et les vivants de la terre viennent ensemble au secours des morts.
Concrètement : chaque jour jusqu'au 8 novembre, visitez un cimetière et priez pour les défunts, ne serait-ce qu'en silence. Ce lundi 2 novembre, entrez dans une église pour y prier le Notre Père et le Credo. Les conditions habituelles — confession, communion, prière aux intentions du pape — sont rappelées plus bas. Ce dimanche après-midi, la bénédiction des tombes vous en offre peut-être l'occasion ?
Tous les saints de Dieu, priez pour nous ! Et que les âmes des fidèles défunts, par la miséricorde de Dieu, reposent en paix.
Consulter Paroisse hebdo en ligne