Secteur Amiens-centre, églises de la paroisse : St-Roch, St-Jacques, Cathédrale, Sacré-Cœur et St-Leu.
Paroisses Hebdo n°331
Dans un monde qui associe volontiers le bonheur à la réussite, au confort et à la reconnaissance sociale, les Béatitudes proclamées par le Christ résonnent comme une provocation douce mais radicale : « Heureux les pauvres de cœur » , « heureux les doux », « heureux ceux qui pleurent… »
« Heureux » : Jésus ne nie pas le désir de bonheur inscrit au plus profond du cœur humain. Au contraire, il vient l’éclairer et le purifier. Les Béatitudes ne sont pas un idéal inaccessible ni un lot de consolation pour les perdants ; elles sont une révélation du cœur même de Dieu et du chemin qui conduit à la vraie vie. Le bonheur selon le Christ ne se confond pas avec l’absence d’épreuves, mais avec une relation vivante avec Dieu, capable de transformer toute situation.
Être « pauvre de cœur », c’est reconnaître que tout est reçu ; que notre sécurité ultime ne repose ni sur nos possessions ni sur nos performances, mais sur la fidélité de Dieu. Être « doux » n’est pas être faible, mais refuser la violence pour choisir la force de l’amour. Pleurer, avoir faim et soif de justice, être persécuté… Derrière ces réalités humaines apparaît le visage de celui qui les a assumées et vécues en plénitude : le Christ. Oui, Jésus est par excellence le pauvre, le doux, le persécuté, celui qui remet tout entre les mains du Père.
À contre-courant des logiques du monde, le Christ ouvre avec les Béatitudes un chemin de liberté intérieure et nous révèle le véritable secret du bonheur : dès lors que nous sommes avec Dieu, peu importe ce qui peut se passer autour de nous. Même dans les moments les plus difficiles, Dieu est présent. Au moment de mourir, sainte Thérèse d’Avila résuma les Béatitudes en une formule que nous pouvons parfois goûter ici-bas et que nous espérons vivre pleinement dans le Royaume à venir : Celui qui possède Dieu ne manque de rien, Dieu seul suffit.
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