Secteur Amiens-centre — églises St-Roch, St-Jacques, Cathédrale, Sacré-Cœur et St-Leu.
Paroisses Hebdo n°351
Voilà l'été qui revient : les uns organisent leur départ en vacances, les autres s'apprêtent à recevoir leurs amis, leurs enfants, ou leurs petits-enfants à la maison, tandis que les étudiants commencent leur job d'été.
Et Dieu dans tout ça ? Admettons qu'il est souvent le grand absent de nos vacances. Pourtant, dès le livre de la Genèse, la Bible nous apprend que le temps du repos est fait pour la communion : avec la création tout entière, et avec notre Créateur.
Le septième jour, Dieu ne « travaille » pas et invite l'homme à faire de même. C'est une coupure nécessaire qui manifeste que nous ne sommes pas pris dans l'engrenage du travail : nous avons la possibilité de contempler la création et la façon dont nous y avons contribué par notre travail. « Je n'ai de repos qu'en Dieu seul » dit le psaume 61. Le repos en Dieu nous permet de nous libérer de tous les esclavages, à commencer par nos agendas surchargés, nos mails, nos écrans et notre téléphone.
Communiquer ou communier ? Les vacances sont l'occasion de passer de l'un à l'autre. Communiquer autrement avec ceux que le Seigneur nous a confiés, notre conjoint, nos enfants, nos parents, notre prochain, c'est déjà une façon d'entrer en communion. Perdre du temps pour Dieu, seul, ou avec nos proches, c'est indispensable pour remettre la communion au centre de nos relations.
Voici quelques conseils pour faire bronzer notre âme sous le soleil de Dieu :
Bon été !
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Paroisses Hebdo n°350
C'est le propre des révolutions technologiques de nous donner une impression d'inéluctabilité. Face à l'Intelligence Artificielle et aux outils numériques qui envahissent nos vies, nous pouvons avoir l'impression de ne pas avoir de choix, que tout cela s'impose à nous.
Deux modèles de construction s'offrent à nous. Le modèle de Babel (n° 7) : une construction orgueilleuse qui ne conduit qu'à une forme d'homogénéisation et d'appauvrissement de nos cultures. Les hommes ne parlent plus, ils scandent tous le même slogan et sont dévoués à la même tâche idolâtrique. Mais il y a également le modèle du livre de Néhémie, décrivant la reconstruction de Jérusalem. La situation est dramatique, mais toute la population d'Israël participe, chacun y trouve sa place et sa dignité, du plus humble au plus puissant.
Le vrai danger de ce « paradigme technocratique » est de nous faire accepter comme normale une vision profondément anti-humaine. Une vision où « la plénitude de la vie consisterait à avoir plus, à réduire la fragilité, à éliminer l'imprévu, à contrôler chaque chose » (n° 112). Or, l'Évangile nous enseigne précisément que c'est au cœur de nos fragilités et de l'imprévu que Dieu se donne à rencontrer. Si nous traitons l'humain comme un simple « matériau à perfectionner ou à surpasser », nous ouvrons la porte à une société du rejet où les plus faibles seront considérés comme « moins utiles, moins désirables, moins dignes » (n° 117).
Que faire à notre échelle ? Si le pape affirme que « personne n'est sans responsabilité » (n° 212), ne nous laissons pas décourager par l'immensité de la tâche. Il ajoute ensuite cette magnifique citation de Tolkien (n° 213) : « Il ne nous appartient toutefois pas de rassembler toutes les marées du monde, mais de faire ce qui est en nous pour le secours des années dans lesquelles nous sommes placés, déracinant le mal dans les champs que nous connaissons, de sorte que ceux qui vivront après nous puissent avoir une terre propre à cultiver. »
Cultivons nos champs. Prenons soin de nos relations réelles, ici, dans nos familles, nos métiers, notre paroisse. Refusons l'illusion du contrôle total et redonnons toute sa place à la gratuité, à l'accueil de la fragilité et à la rencontre fraternelle. C'est ainsi que, comme le peuple de Néhémie, nous reconstruirons une communauté véritablement humaine.
Bonne lecture à tous.
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Paroisses Hebdo n°349
Alors que je m'apprête à rejoindre Dijon à la rentrée prochaine, ces paroles résonnent en moi d'une manière particulière. Elles m'invitent à regarder le chemin parcouru ensemble durant ces cinq belles années à Amiens. Relire le passé est pour un chrétien l'occasion de rendre grâce, avec la certitude que le Seigneur a été présent à chaque instant.
Comment ne pas remercier le Seigneur de m'avoir envoyé au service de la paroisse des Saints-Apôtres ? Je garde au cœur la joie profonde de nos messes dominicales vivantes, portées par le souffle de notre chorale. Quel bonheur d'avoir vu grandir la foi des enfants et adolescents au catéchisme, d'avoir accompagné des catéchumènes adultes, visité nos aînés, ou partagé de grands moments de fraternité lors des Parcours Alpha ! Je rends grâce aussi pour le dévouement de la Légion de Marie, nos processions en l'honneur de Notre-Dame de Lourdes avec la communauté capverdienne, et les rencontres vécues directement au Cap-Vert.
Je rends grâce pour la vie de notre petite paroisse où chacun s'investit. J'ai été impressionné, lors de la paëlla des bénévoles, de voir que près des deux tiers de la communauté étaient présents. Chacun donne de son temps avec cœur à l'accueil, dans l'équipe des deuils, au catéchisme, à la sacristie ou au ménage.
Mon action de grâce dépasse les frontières paroissiales. J'ai eu la joie d'exercer un ministère à Saint-Jean-Baptiste via le caté pour adultes, de porter l'Évangile à la Maison d'arrêt d'Amiens, ou de participer au projet de la salle de sport solidaire Saint-Charles. Partout, j'ai vu la grâce de l'Évangile à l'œuvre.
Tout cela nous a été donné gratuitement par Dieu. Avant de partir, je souhaite que notre départ se vive dans la gratitude. Notre fête paroissiale du dimanche 14 juin sera un magnifique moment de convivialité. Mais l'action de grâce par excellence reste l'Eucharistie : je vous invite à vous unir à la messe d'action de grâce que je célébrerai le dimanche 21 juin à 10h30, en l'église Saint-Paul d'Étouvie.
Le Seigneur continue de prendre soin de la paroisse et pourvoit un nouvel ouvrier : Don Alexis, qui me succédera. Je sais par avance que vous saurez l'accueillir chaleureusement.
Deo gratias !
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Paroisses Hebdo n°348
Le pape Léon XIV vient de publier sa première encyclique, Magnifica Humanitas (« La grandeur de l'humanité »), consacrée aux bouleversements liés à l'intelligence artificielle.
L'humanité a connu dans son histoire des innovations qui ont profondément modifié la société, la culture et le rapport entre les humains. Mais la révolution de l'intelligence artificielle à laquelle nous assistons ne ressemble pas aux autres parce qu'elle touche l'humain dans ce qui lui est propre, son intelligence et sa conscience. En moins d'une décennie, l'intelligence artificielle a déjà bouleversé des pans entiers de l'économie et de la culture, tandis que des milliers de professions sont en pleine mutation et beaucoup d'emplois vont disparaître. La frontière entre ce qui est authentique et ce qui est produit par une machine devient de plus en plus floue, et le rapport à la vérité est fragilisé.
Face à cette révolution silencieuse, le Pape compte parmi les voix les plus importantes qui alertent sur les conséquences de l'intelligence artificielle pour la dignité humaine. Il ne se contente pas de souligner les risques : il propose également un cadre éthique capable d'orienter le développement de ces technologies au service du bien commun. Prenons le temps de lire cette encyclique qui pourrait marquer durablement la réflexion de l'Église sur la technique et la condition humaine. À l'heure où une part croissante de notre existence passe par des médiations numériques, l'Eucharistie en ce jour de la fête du Saint-Sacrement nous rappelle que la rencontre avec Dieu, comme avec les autres, passe toujours par une présence réelle et incarnée.
Si les machines semblent capables d'imiter toujours davantage les capacités humaines, l'encyclique nous rappelle une vérité essentielle : l'homme ne se définit pas seulement par ce qu'il sait faire, mais par ce qu'il est. Créé à l'image de Dieu, il demeure capable de vérité, de liberté, de responsabilité et d'amour. L'intelligence artificielle peut assister l'homme ; elle ne peut se substituer à sa conscience ni à sa vocation. L'enjeu de notre temps n'est donc pas seulement de construire des machines toujours plus intelligentes, mais de demeurer des hommes toujours plus humains.
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