Secteur Amiens-centre — églises St-Roch, St-Jacques, Cathédrale, Sacré-Cœur et St-Leu.
Paroisse Hebdo n°358
Cette phrase du Christ à saint Pierre éclaire la double rencontre que nous sommes appelés à vivre durant cette visite du pape.
D'abord, être affermi par le pape. C'est l'une de ses missions, l'une des grâces qui accompagnent ses voyages apostoliques. Sa présence, ses exhortations viennent affermir notre foi, notre espérance et notre charité, c'est-à-dire, selon le Robert, « rendre plus ferme, plus solide, plus assuré ». N'hésitons pas à relire les homélies et les interventions qu'il donnera durant son voyage en France : il y aura sans doute plus que ce que les journalistes en retiendront. Il y a également une grâce d'unité pour toute l'Église qui est en France. Le pape « est le principe perpétuel et visible et le fondement de l'unité qui lie entre eux soit les évêques, soit la multitude des fidèles » (Lumen gentium, n° 23). Bien évidemment, nous serons tous rassemblés autour du Christ, mais le pape est le signe et le principe de cette unité sur terre. C'est pour cela que nous prions pour lui durant toutes les messes célébrées dans l'Église catholique.
Ensuite, le Christ parle des « frères » : c'est la seconde rencontre. Voir toutes ces personnes qui partagent notre foi, qui, comme nous, disent à Dieu : « Notre Père ». Il est bon de se souvenir que nous participons à l'Église universelle. Habituellement, notre foi se vit dans le cadre ordinaire de notre vie : notre famille, notre travail et notre paroisse. Durant ces temps privilégiés, nous faisons l'expérience d'appartenir à une grande et belle famille : l'Église catholique. C'est l'occasion de voir toute sa diversité et son unité dans la foi.
Enfin, il y a ceux qui n'ont pas pu se déplacer : qu'ils se rassurent, l'appartenance à l'Église est d'abord une réalité spirituelle, et les médias pourront les aider à s'associer à ce voyage apostolique.
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Paroisse Hebdo n°357
Dans la parabole des ouvriers de la vigne, ce qui frappe n'est pas d'abord le salaire, mais le maître. Il sort lui-même appeler chacun, à l'aube, puis à neuf heures, à midi, à trois heures, et encore à cinq heures du soir. Il ne se délègue pas l'appel à quelqu'un sur la place. Et à ceux qui répondent « personne ne nous a embauchés », il dit simplement : « Allez, vous aussi, à ma vigne. »
Notre paroisse vit d'un travail largement invisible. Des catéchumènes sont accompagnés jusqu'au baptême. Des personnes âgées ou isolées reçoivent une visite. Des enfants apprennent à prier. La cathédrale est nettoyée, gardée, ouverte, expliquée aux pèlerins et aux visiteurs. Des fidèles sont accueillis à la porte le dimanche et lors des grandes cérémonies. La Maraude sort le soir. La Maison paroissiale répond au téléphone et accueille ceux qui poussent la porte. Rien de tout cela ne tient sans ceux qui donnent leur temps.
Cette mission continue et a toujours besoin de bras. Vous verrez donc paraître régulièrement dans cette feuille des appels précis : une mission, un contact, un engagement mesuré. Je vous prie de les lire attentivement. Peut-être y verrez-vous une invitation personnelle ? Un lieu où participer au bien commun et à l'annonce du Royaume, chacun à sa place, chacun à son heure. Certains sont à la vigne depuis trente ans, d'autres viendront à cinq heures du soir ; certains donneront une matinée par semaine, d'autres une heure par mois.
Peu importe, le maître de la vigne ne fait pas de classement et nous non plus ! Nous ne voulons pas regarder le mérite mais vous présenter les besoins que nous avons. Notre salaire commun et notre joie commune est de participer à l'avènement du Royaume.
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Paroisse Hebdo n°356
Au travail, en famille ou dans notre voisinage, les tensions surgissent parfois pour un mot maladroit, une fatigue accumulée ou une blessure mal comprise. L'orgueil nous pousse alors à rendre le mal pour le mal. La sagesse biblique nous ouvre un chemin bien différent : « Celui qui se venge éprouvera la vengeance du Seigneur… Pardonne à ton prochain le tort qu'il t'a fait » (Siracide 28, 1-7). Pardonner ne signifie pas nier le mal ou renoncer à la justice. C'est refuser que le ressentiment gouverne notre cœur.
Pierre demande combien de fois il faut pardonner à son frère. La réponse de Jésus dépasse toutes les limites humaines : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à 70 fois sept fois » (Matthieu 18, 21-35). Le Christ ne fixe pas un nombre ; il invite à un pardon sans calcul, à l'image de la miséricorde reçue de Dieu. La parabole du débiteur impitoyable nous le rappelle : celui qui a été largement pardonné ne peut garder pour lui le pardon qui lui a été offert.
Nous ne sommes pas toujours capables de pardonner immédiatement. Une blessure demande parfois du temps, de la prière et une parole de vérité. Mais nous pouvons choisir de ne pas nourrir la rancune, de laisser Dieu désarmer peu à peu notre colère et de faire le premier pas.
Mieux vaut parfois une chute suivie d'un « je te demande pardon », plutôt qu'une colère rentrée et entretenue qui s'installe et macère en notre âme.
Nos mouvements d'humeur sont inévitables. Mais passée la réaction instinctive, primaire, notre conscience nous offre toujours une seconde chance. C'est le moment de la conversion.
Le Christ lui-même, « sans défaut et sans tâche », s'est abaissé par amour. « Il ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'est anéanti, (…) il s'est abaissé » (Philippiens 2, 6-7). De même que le Christ a préféré espérer pour nous en renonçant à la vengeance, de même le chrétien ne garde pas rancune : il garde l'espérance, en Dieu, en lui et en l'autre. Car là où le pardon commence, la paix renaît.
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Paroisses Hebdo n°355
Dans sa première encyclique, Magnifica Humanitas, le pape Léon XIV appelle à développer une « hygiène de l'attention ». Nous parlons volontiers d'hygiène de vie ou d'hygiène alimentaire, cette formulation est moins habituelle, pourquoi cette insistance du Saint Père ?
« Il faut promouvoir une véritable hygiène de l'attention : des rythmes qui prévoient le silence, l'étude approfondie, la lecture, la confrontation mesurée ; sans ces éléments, la liberté intérieure risque d'être compromise. »
Magnifica Humanitas, 146
Si l'hygiène alimentaire est ordonnée à la santé du corps, l'hygiène de l'attention est ordonnée à la liberté intérieure. Il s'agit que notre âme soit suffisamment dégagée pour pouvoir comprendre, s'orienter, s'engager. C'est une condition pour que notre vie soit véritablement humaine, que notre âme soit en paix.
En 2004, Patrick Le Lay, alors président-directeur général du groupe TF1, n'hésitait pas à déclarer : « dans une perspective business, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Or, pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible. » C'est également ce que vendent la majorité des réseaux sociaux, « du temps de cerveau disponible ».
Contre ce système qui risque de nous priver de notre liberté, le pape ne propose pas de grands renoncements héroïques, mais des rythmes simples à retrouver. Le silence, d'abord — ce vide fécond que nous fuyons souvent par réflexe, alors qu'il est la condition pour entendre, imaginer, assimiler tout ce que nous vivons. L'étude approfondie, ensuite, qui demande de rester avec une question plutôt que de l'effleurer. La lecture, bien sûr, qui nous arrache à l'urgence, nous relie à d'autres temps, d'autres pensées. Et une confrontation mesurée des idées, enfin, qui suppose d'écouter vraiment avant de répondre, au lieu de réagir à chaud comme le font tant d'échanges sur les réseaux.
Ces quatre rythmes ont un point commun : ils demandent du temps et de l'effort, là où nos outils numériques nous promettent l'instantané et le sans-effort. C'est précisément pour cela qu'ils nous libèrent. Une liberté qui ne coûte rien n'en est souvent pas une ; la vraie liberté intérieure, celle dont parle l'encyclique, se cultive et se protège.
Bonne rentrée à tous !
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