Secteur Amiens-centre, églises de la paroisse : St-Roch, St-Jacques, Cathédrale, Sacré-Cœur et St-Leu.
Paroisses Hebdo n°330
Par le motu proprio « Aperuit Illis », publié le 30 septembre 2019, le pape François instituait “le dimanche de la Parole de Dieu”, célébré chaque année le 3ème dimanche du Temps Ordinaire. Ce dimanche vient conclure la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Nous y sommes !
Le dialogue entre chrétiens semble créer moins d’engouement qu’il y a quelques années, de façon plus générale, le dialogue ne semble plus être l’une des grandes passions de la société, le temps semblerait plutôt à l’affirmation, parfois crispée, des identités.
Il y a dans cette opposition entre dialogue et identité, ou entre “personnes ouvertes” et “personnes fermées”, ou encore entre “ouverture” et “repli” une opposition artificielle. A de nombreuses reprises, les papes, et notamment le pape François, ont insisté sur le lien qui unit l’identité et le dialogue. A titre d’exemple, il déclarait en 2020, au numéro 143 de l’encyclique Fratelli Tutti : “La solution ne réside pas dans une ouverture qui renonce à son trésor propre. Tout comme il n’est pas de dialogue avec l’autre sans une identité personnelle, de même il n’y a d’ouverture entre les peuples qu’à partir de l’amour de sa terre, de son peuple, de ses traits culturels. Je ne rencontre pas l’autre si je ne possède pas un substrat dans lequel je suis ancré et enraciné, car c’est de là que je peux accueillir le don de l’autre et lui offrir quelque chose d’authentique. Il n’est possible d’accueillir celui qui est différent et de recevoir son apport original que dans la mesure où je suis ancré dans mon peuple, avec sa culture.”
La véritable unité n’est pas le fruit d’un effacement, elle n’en serait qu’une caricature, celle de l’uniformité. Le christianisme ne cherche pas un pur dialogue ou une pure identité mais conjugue les deux. Les deux doivent même être conjugués pour être authentiques. Un dialogue franc est une occasion de mieux comprendre les autres, de percevoir ce qu’il y a de grand et de bon dans leurs positions, mais également d’approfondir nos propres richesses et grandeurs. Ce n’est pas en se cachant que l’on rencontre véritablement l’autre et ce n’est pas en s’isolant que l’on peut véritablement être soi-même. Comme chrétiens nous avons un rôle à jouer pour éviter que ces deux caricatures se répandent.
En ce dimanche de la Parole de Dieu, puissions-nous nous mettre à l'écoute de cette Parole qui nous révèle notre identité profonde de fils et filles de Dieu, et qui nous ouvre au dialogue fraternel avec tous nos frères et sœurs chrétiens et non chrétiens. Que cette Parole soit source d'unité véritable dans notre société et dans l'Église !
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Paroisses Hebdo n°329
Jean le Baptiste, fils de Zacharie, appartient au sacerdoce de l’Ancienne Alliance. Il est prêtre selon la Loi, mais renonce au service cultuel du Temple pour répondre à l’appel prophétique que l’Écriture nous rapporte. Ce renoncement n’est pas une rupture, mais une ouverture : il devient figure annonciatrice du sacerdoce du Nouveau Testament. Ce n’est pas un hasard si, chaque jour à la messe, le prêtre reprend la parole du Baptiste : « Voici l’Agneau de Dieu ». Le rôle du prêtre n’est ni d’attirer, ni de retenir, ni de séduire. Il montre. Il désigne. Toute sa mission tient dans ce geste. Il ne s’interpose pas entre Dieu et son peuple, il oriente vers Celui qui sauve. Il conduit l’assemblée vers le Christ ressuscité. C’est là l’un des sens, souvent mal compris, de la célébration eucharistique ad orientem : le prêtre ne tourne pas le dos au peuple, il se tourne avec lui vers le Seigneur qui vient.
Une autre parole du Baptiste exprime la nature même du sacerdoce catholique : « Il faut qu’il grandisse et que je diminue ». Le prêtre n’est pas un écran, mais une vitre, la plus transparente possible. Il est signe et médiation d’une présence qui le dépasse infiniment.
« Heureux les invités aux noces de l’Agneau ». Jean se définit comme « l’ami de l’Époux ». L’image est biblique. L’Époux est Dieu lui-même, venu conclure l’Alliance avec son peuple. Le prêtre n’est ni l’Époux, ni le propriétaire de l’Église. Il est l’ami qui prépare la rencontre et s’efface lorsque l’Époux est présent.
Jean le Baptiste rappelle ainsi au sacerdoce catholique sa vérité la plus exigeante : être entièrement tourné vers le Christ, s’effacer pour qu’il soit reconnu, se réjouir non d’être suivi, mais d’avoir conduit à l’Époux. Un prêtre fidèle n’est pas celui dont on se souvient, mais celui grâce à qui l’on rencontre le Christ.
Ce modèle est austère. Il est aussi profondément libérant. Car celui qui n’a pas à se prendre pour le Sauveur peut enfin servir humblement Celui qui l’est vraiment. Priez pour vos prêtres !
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Paroisses Hebdo n°328
Ce n’est pas une question existentielle, et pourtant beaucoup se la posent chaque année : à partir de quelle date peut-on retirer la crèche ? À peine les fêtes passées, certains rangent rapidement santons et décorations, tandis que d’autres prolongent volontiers la contemplation de la Nativité. Derrière ce geste apparemment anodin se cache une tradition riche de sens.
Autrefois, l’usage voulait que l’on retirât la crèche après le 2 février, soit quarante jours après Noël. Cette date correspond à la fête de la Présentation du Seigneur au Temple, appelée aussi la Chandeleur. Elle marquait alors la fin du temps liturgique de Noël. Le cycle de la Nativité s’achevait avec cette rencontre entre l’Enfant Jésus et son peuple, représenté par Syméon et Anne, qui le reconnaissent comme la lumière destinée à éclairer toutes les nations.
La réforme liturgique issue du concile Vatican II a fait évoluer le calendrier. Désormais, le temps de Noël se conclut avec la fête du Baptême du Seigneur, que nous célébrons ce dimanche. Cet événement manifeste l’entrée de Jésus dans sa vie publique et révèle son identité de Fils bien-aimé du Père. D’un point de vue liturgique, il est donc juste de retirer la crèche de nos maisons à partir de cette date, puisque le mystère de Noël trouve alors son accomplissement.
Dans de nombreuses églises cependant, la crèche demeure jusqu’au 2 février. Ce choix pastoral permet de disposer d’un lieu significatif pour commencer la procession de la Chandeleur, en faisant le lien entre la naissance du Christ, vraie lumière venue dans le monde, et sa mission d’éclairer tous les peuples.
Enfin, si la crèche est retirée de nos maisons, il serait bon de ne pas laisser cet espace vide. Un crucifix, une icône ou une statue peuvent alors prendre le relais pour nous rappeler que le Christ demeure pour nous l’Emmanuel, « Dieu avec nous », chaque jour de l’année.
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Paroisses Hebdo n°282
L’Évangile de l’Épiphanie met sous nos yeux le mauvais roi, Hérode, regardant l’étoile depuis son balcon sans se mettre en route vers Bethléem. Les bons rois, les mages, prennent quant à eux le risque de suivre cette étoile. Hérode était ébloui par sa propre lumière, il regardait l’étoile alors qu’au fond de son cœur, les ténèbres persistaient. Il n’a pas fait entrer cette lueur dans son cœur par peur de perdre son trône, par peur de ne plus être le premier, de ne plus être celui qu’on regarde et qu’on admire.
Et qu’en est-il de nous ? Ne nous arrive-t-il pas d’avoir peur de perdre le contrôle de notre vie, de ne vouloir dépendre de personne, de vouloir être notre propre roi ? La lumière de la foi indique une autre direction pour notre vie ; cette même direction que les rois mages ont empruntée. A l’aube de cette nouvelle année, nous savons que les contrariétés et les difficultés seront là, mais avons-nous la lumière de la foi qui donne un sens à notre existence ?
Vivre dans les ténèbres fait peur et c’est bien normal, car nous sommes faits pour la lumière de Dieu. Accueillir Jésus dans notre vie, c’est accueillir la lumière de la foi qui nous donne la paix. Cette lumière intérieure donne également la joie ; celle que nous avons reçue à Noël : la joie d’être sauvés, d’être rachetés. Il n’y a pas de joie plus durable. Contrairement aux cadeaux qui se démodent ou se cassent avec le temps, cette lumière, ce don de la foi, ne disparaît pas.
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