Secteur Amiens-centre, églises de la paroisse : St-Roch, St-Jacques, Cathédrale, Sacré-Cœur et St-Leu.
Paroisses Hebdo n°329
Jean le Baptiste, fils de Zacharie, appartient au sacerdoce de l’Ancienne Alliance. Il est prêtre selon la Loi, mais renonce au service cultuel du Temple pour répondre à l’appel prophétique que l’Écriture nous rapporte. Ce renoncement n’est pas une rupture, mais une ouverture : il devient figure annonciatrice du sacerdoce du Nouveau Testament. Ce n’est pas un hasard si, chaque jour à la messe, le prêtre reprend la parole du Baptiste : « Voici l’Agneau de Dieu ». Le rôle du prêtre n’est ni d’attirer, ni de retenir, ni de séduire. Il montre. Il désigne. Toute sa mission tient dans ce geste. Il ne s’interpose pas entre Dieu et son peuple, il oriente vers Celui qui sauve. Il conduit l’assemblée vers le Christ ressuscité. C’est là l’un des sens, souvent mal compris, de la célébration eucharistique ad orientem : le prêtre ne tourne pas le dos au peuple, il se tourne avec lui vers le Seigneur qui vient.
Une autre parole du Baptiste exprime la nature même du sacerdoce catholique : « Il faut qu’il grandisse et que je diminue ». Le prêtre n’est pas un écran, mais une vitre, la plus transparente possible. Il est signe et médiation d’une présence qui le dépasse infiniment.
« Heureux les invités aux noces de l’Agneau ». Jean se définit comme « l’ami de l’Époux ». L’image est biblique. L’Époux est Dieu lui-même, venu conclure l’Alliance avec son peuple. Le prêtre n’est ni l’Époux, ni le propriétaire de l’Église. Il est l’ami qui prépare la rencontre et s’efface lorsque l’Époux est présent.
Jean le Baptiste rappelle ainsi au sacerdoce catholique sa vérité la plus exigeante : être entièrement tourné vers le Christ, s’effacer pour qu’il soit reconnu, se réjouir non d’être suivi, mais d’avoir conduit à l’Époux. Un prêtre fidèle n’est pas celui dont on se souvient, mais celui grâce à qui l’on rencontre le Christ.
Ce modèle est austère. Il est aussi profondément libérant. Car celui qui n’a pas à se prendre pour le Sauveur peut enfin servir humblement Celui qui l’est vraiment. Priez pour vos prêtres !
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Paroisses Hebdo n°328
Ce n’est pas une question existentielle, et pourtant beaucoup se la posent chaque année : à partir de quelle date peut-on retirer la crèche ? À peine les fêtes passées, certains rangent rapidement santons et décorations, tandis que d’autres prolongent volontiers la contemplation de la Nativité. Derrière ce geste apparemment anodin se cache une tradition riche de sens.
Autrefois, l’usage voulait que l’on retirât la crèche après le 2 février, soit quarante jours après Noël. Cette date correspond à la fête de la Présentation du Seigneur au Temple, appelée aussi la Chandeleur. Elle marquait alors la fin du temps liturgique de Noël. Le cycle de la Nativité s’achevait avec cette rencontre entre l’Enfant Jésus et son peuple, représenté par Syméon et Anne, qui le reconnaissent comme la lumière destinée à éclairer toutes les nations.
La réforme liturgique issue du concile Vatican II a fait évoluer le calendrier. Désormais, le temps de Noël se conclut avec la fête du Baptême du Seigneur, que nous célébrons ce dimanche. Cet événement manifeste l’entrée de Jésus dans sa vie publique et révèle son identité de Fils bien-aimé du Père. D’un point de vue liturgique, il est donc juste de retirer la crèche de nos maisons à partir de cette date, puisque le mystère de Noël trouve alors son accomplissement.
Dans de nombreuses églises cependant, la crèche demeure jusqu’au 2 février. Ce choix pastoral permet de disposer d’un lieu significatif pour commencer la procession de la Chandeleur, en faisant le lien entre la naissance du Christ, vraie lumière venue dans le monde, et sa mission d’éclairer tous les peuples.
Enfin, si la crèche est retirée de nos maisons, il serait bon de ne pas laisser cet espace vide. Un crucifix, une icône ou une statue peuvent alors prendre le relais pour nous rappeler que le Christ demeure pour nous l’Emmanuel, « Dieu avec nous », chaque jour de l’année.
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Paroisses Hebdo n°282
L’Évangile de l’Épiphanie met sous nos yeux le mauvais roi, Hérode, regardant l’étoile depuis son balcon sans se mettre en route vers Bethléem. Les bons rois, les mages, prennent quant à eux le risque de suivre cette étoile. Hérode était ébloui par sa propre lumière, il regardait l’étoile alors qu’au fond de son cœur, les ténèbres persistaient. Il n’a pas fait entrer cette lueur dans son cœur par peur de perdre son trône, par peur de ne plus être le premier, de ne plus être celui qu’on regarde et qu’on admire.
Et qu’en est-il de nous ? Ne nous arrive-t-il pas d’avoir peur de perdre le contrôle de notre vie, de ne vouloir dépendre de personne, de vouloir être notre propre roi ? La lumière de la foi indique une autre direction pour notre vie ; cette même direction que les rois mages ont empruntée. A l’aube de cette nouvelle année, nous savons que les contrariétés et les difficultés seront là, mais avons-nous la lumière de la foi qui donne un sens à notre existence ?
Vivre dans les ténèbres fait peur et c’est bien normal, car nous sommes faits pour la lumière de Dieu. Accueillir Jésus dans notre vie, c’est accueillir la lumière de la foi qui nous donne la paix. Cette lumière intérieure donne également la joie ; celle que nous avons reçue à Noël : la joie d’être sauvés, d’être rachetés. Il n’y a pas de joie plus durable. Contrairement aux cadeaux qui se démodent ou se cassent avec le temps, cette lumière, ce don de la foi, ne disparaît pas.
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