Paroisses Hebdo n°122
Les vocations, c’est comme les autoroutes : « il en faut bien, mais on n’en veut pas dans son jardin ! Il vaut mieux que ça passe chez le voisin ! »
C’est pour nous éviter ce type de raisonnement que l’Église nous encourage à prier pour les vocations, et spécialement lors du 4ème dimanche de Pâques dit « du Bon Pasteur ».
Certains diront : « Et nous ? Pourquoi ne parler que du prêtre ? N’avons-nous pas tous une vocation, à la sainteté ? »
Précisément ! Le déclin vertigineux des vocations de prêtres, de religieux et religieuses dans notre société est un problème qui révèle la mauvaise santé spirituelle de l’ensemble de la famille catholique. Notre Église souffre d’un manque de vitalité dont nous sommes les premiers responsables : matérialisme, individualisme, culture du « sans-engagement » et du provisoire, esprit « mondain » et de critique envers le Pape, les évêques…
Prier pour les vocations, c’est répondre à l’invitation de Jésus : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (Mt 9, 38) Une prière qui doit se faire concrète : en ne mettant pas nos attentes en ce monde seulement ; en encourageant les choix audacieux ; en étant ouvert à l’imprévu de Dieu… Voilà comment nous cultivons en nous et autour de nous une « culture vocationnelle ».
Chacun peut y prendre sa part : les familles, premier lieu d’évangélisation ; les pasteurs, en témoignant authentiquement de la joie de leur vocation ; les paroisses, en accueillant les jeunes comme une priorité et en les conduisant à Dieu par une liturgie joyeuse et profonde qui élève l’âme.
Bref, prier pour les vocations nous réveille tous ! Car tous nous sommes « en vocation » depuis notre baptême. Nous ne marchons pas derrière une idée ou une institution : nous sommes à la suite du Christ ! Et le Christ comble une vie ! Vivons ainsi, et nul doute que les vocations fleuriront.
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Paroisses Hebdo n°121
Après la Résurrection, les apôtres sont retournés à une vie à la fois ordinaire et extraordinaire. Ordinaire parce que l’ange les a renvoyés par Marie-Madeleine en Galilée, ce qui signifie spirituellement le lieu d’origine. Ils sont ainsi retournés « à la vie d’avant », à leur activité de pêche dans le lac de Galilée, quand ils ont à nouveau rencontré Jésus ressuscité. Extraordinaire parce que tout a changé : Jésus est le même mais il est différent, car ils ont du mal à le reconnaître.
Il leur a donné plusieurs fois l’Esprit saint ; ils sont sortis de leur peur des Juifs pour, sous l’action de l’Esprit saint, annoncer avec assurance la bonne nouvelle de la résurrection de Jésus. C'était donc lui le Messie tant attendu d’Israël ! La foi en Jésus se répand comme une traînée de poudre par chaque croyant au ressuscité qui témoigne. Le cœur de l'homme est préparé par Dieu à le découvrir, et, à son désir le plus profond Jésus ressuscité vient discrètement mais puissamment répondre.
Pour nous aussi, laissons ce temps pascal être le temps où l’Esprit saint vient irriguer nos âmes, pour permettre que germe l’extraordinaire dans la terre ordinaire de nos cœurs. Jésus ressuscité nous attend dans cette Galilée intérieure et ordinaire, et c’est là qu’il nous propose la grâce de Pâques : à défaut de partir à la chasse aux œufs, partons à la recherche de la grâce de Pâques de cette année !
Jésus, dans la puissance de la victoire de sa résurrection, vient nous rencontrer dans l’ordinaire de nos vies : c’est là qu’il faut chercher les traces de sa présence de ressuscité en nous, capable de rendre nos vies extraordinaires. Ecoutons les désirs qu’il sème dans nos cœurs et laissons se réaliser la transformation intérieure de nos vies !
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Paroisses Hebdo n°120
Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Avec lui la mort, le mal et le péché sont vaincus. Nous sommes encore pleins de la joie communicative de Pâques, celle des baptisés qui sont nés d’une vie nouvelle. Oui, nous sommes sauvés par la mort et la résurrection du Christ, mais ce n’est pas fini ! Pâques est à la fois un sommet et un commencement. Il faut maintenant recevoir dans notre vie concrète la grâce de la résurrection, devenir des ressuscités !
Nous avons fêté Pâques, mais nous constatons toujours en nous les traces de la vie ancienne, marquée par le mal et le péché. Nous avons toujours du mal à prier, du mal à suivre réellement Jésus, à aimer les autres. C’est normal ! Les apôtres ont vécu la même chose. Alors même qu’ils ont eu la preuve de la résurrection, ils sont restés enfermés dans le Cénacle, bloqués par leur peur, leur manque de courage et d’idées, en panne d’initiatives. Jésus pourtant, l’avait annoncé : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit-Saint » (Ac 1,8). « Il vous conduira vers la vérité tout entière » (Jn 16, 13).
Dans les Actes des Apôtres, que nous lisons pendant le temps pascal, nous voyons l’action de l’Esprit dans l’Eglise naissante : une force qui pousse à rendre témoignage, parfois jusqu’à la mort, une intelligence qui guide l’Eglise dans sa fondation, un amour qui l’unit malgré les divergences. Pour nous l’Esprit-Saint est peut-être quelque-chose d’abstrait. Mais relisons saint Paul : « le fruit de l’Esprit est amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi » (Gal 5, 22-23). Si nous sentons que nous peinons dans l’un de ces domaines, ce qui ne serait pas vraiment étonnant, c’est que nous avons besoin de recevoir l’Esprit-Saint.
C’est pourquoi nous vous proposons de vivre ce temps pascal comme un temps de supplication pour recevoir, personnellement et en paroisse, le don de l’Esprit-Saint. Dans chaque Paroisses Hebdo du temps pascal, vous trouverez une méditation pour vous aider à le désirer, et vous recevrez ce dimanche une prière pour vous aider à le demander. Réjouissons-nous : c’est la seule prière dont Jésus nous a dit qu’elle serait forcément exaucée !
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3 propositions de méditations spirituelles pour le temps pascal
A la Cathédrale
Paroisses Hebdo n°119
Le Christ est ressuscité ! Et Il agit encore aujourd’hui par son Église. Cette histoire en est la preuve.
Il y a quelques temps j’ai été invité par une famille à visiter le grand père qui, déjà veuf et malade, s’approchait de la mort. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait plus assisté à une messe dominicale, mais il aimait saluer les prêtres qu’il croisait à trottinette.
Sa fin approchait, et l’une de ses filles qui le veillait jour et nuit, sans doute inspirée, demanda par le biais d’une de ses connaissances, le passage d’un prêtre : « Monsieur l’abbé, viendriez-vous rendre visite à papa ? Il ne va pas très bien et vous saurez trouver les mots ! » Elle était très inquiète, le voyant décliner, et sans se l’avouer tout à fait, commençait à penser à l’éventualité de son départ. Je lui proposais le secours des sacrements pour les malades et sentis immédiatement quelques réticences : « Monsieur l’Abbé vous allez l’effrayer ! Il va penser que c’est la fin ! » J’essayais de me montrer persuasif en négociant une première visite.
L’accueil fut chaleureux. J’étais adopté et je proposais à ce beau vieillard à l’humble sourire de se confesser. Ce qu’il fit. Je vous assure que je l’ai vu ressusciter sous mes yeux. La joie illuminait son visage. En y repensant, je me souviens de la parole du père lors du retour du fils prodigue (Luc 15) : « Mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !»
Quelques jours plus tard, en présence de toute sa famille, après avoir échangé des mercis, des pardons et des mots d’amour, il a remis son âme à Dieu. Il se repose maintenant dans la Paix, mais pas tout à fait, car je lui ai donné une pénitence à accomplir au Ciel : celle de prier pour moi et pour les prêtres !
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