Paroisses Hebdo n°156
La semaine dernière, nous avons vécu une fête un peu particulière : la fête d’un siège, plus précisément la chaire de Saint Pierre, la chaire étant à l’origine le siège de l’évêque, symbole de son autorité. La chaire de Saint Pierre manifeste donc l’autorité du chef des Apôtres, à qui Jésus a confié son Eglise, faisant ainsi de Pierre et de ses successeurs les garants indéfectibles de la foi : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle » (Mt 16, 18).
Saint Pierre est vraiment un modèle de foi pour tous les chrétiens. Avec son humanité passionnée, il confesse sa foi en Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16). Il dit encore : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68). Le personnage de Pierre est d’autant plus touchant qu’il est faillible et légèrement présomptueux lorsqu’il affirme que « même si tous viennent à tomber, moi, je ne tomberai pas » (Mc 14, 29).
Malgré ce zèle, Pierre, par trois fois, renie Jésus. C’est pourtant bien cet homme, qui l’a renié, que Jésus a choisi pour être le chef de son Eglise.
Cette fête est ainsi l’occasion de redire notre foi et notre attachement à l’Eglise et au pape. Mystérieusement, le Seigneur a choisi Pierre et a voulu passer par l’Eglise pour manifester sa présence. La foi de Pierre est le roc sur lequel l’Eglise a été bâtie, nous pouvons nous aussi nous appuyer dessus pour grandir dans la foi et devenir saints. Le Seigneur, en effet, n’a pas besoin d’hommes parfaits mais de saints, c’est-à-dire d’hommes qui se laissent relever par Lui, le Christ, le Fils du Dieu vivant.
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Carême 2022
Paroisses Hebdo n°155
La nouvelle traduction du missel romain, plus fidèle au latin, a ajouté le qualificatif d’éternel à la formulation du canon romain que nous connaissions, renforçant ainsi le drame de la damnation et heurtant quelques oreilles inhabituées. Cette modification d’un mot est lourde de sens car elle réaffirme la foi constante de l’Eglise dans l’existence d’un enfer éternel.
Ce dogme de foi, il est vrai, difficile, a pu paraître tombé en désuétude dans les années qui suivirent le dernier Concile. Il s’agissait pour beaucoup de prédicateurs de quitter la « pastorale de la peur » au profit d’une pastorale de la miséricorde. Comme souvent le retour de balancier revenant au juste équilibre a pu basculer dans l’excès inverse. On serait ainsi passé de la conception d’un Dieu vengeur envoyant tout le monde en Enfer à celle d’un Dieu débonnaire chantant avec Polnareff « On ira tous au Paradis » …
Ces deux excès sont aussi faux l’un et l’autre qu’éloignés de l’Evangile du Christ. Si nous prions le Seigneur de nous « arracher à la damnation éternelle », c’est bien que ce danger existe et que nous croyons que le Christ peut nous en sauver. N’a-t-il pas donné sa vie sur la Croix pour cela ? Si l’Enfer n’existe pas alors la Croix n’a pas de sens et le Christ ne nous sauve de rien…
La prochaine séance du catéchisme pour adultes portera sur les Fins dernières : le Paradis, le Purgatoire et l’Enfer. Ce sera probablement une séance instructive mais aussi riche en émotion et propice à la conversion. La contemplation du Ciel attisera notre désir et la méditation sur l’Enfer suscitera une crainte salutaire.
Rendez-vous mardi prochain à 20h à la maison Saint Jean-Baptiste !
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Paroisses Hebdo n°154
Les premiers disciples de Jésus étaient des pêcheurs du lac de Tibériade. Pierre, André, Jacques et Jean appartenaient à ce corps de métier maniant la barque, les filets, et sachant affronter les aléas de la navigation. Sans doute le Seigneur voulait-il donner à l’Église naissante des capitaines qui ne soient pas d’abord des intellectuels, mais des hommes ayant le sens pratique, des hommes patients et capables de travailler en équipe.
Aujourd’hui encore, l’évangélisation s’apparente à une activité de pêche. Les hommes et les femmes de notre temps sont comme des poissons qui errent dans la mer : si on regarde à la surface, on ne les voit pas. C’est l’impression que l’on peut avoir si l’on regarde l’Église d’un point de vue statistique : peu de pratiquants, peu de personnes catéchisées, de sacrements… Mais si on regarde dans les eaux profondes, les « poissons » qui cherchent et s’interrogent sont bien plus nombreux qu’on ne le croit. Encore faut-il repérer les courants poissonneux et oser « jeter les filets ».
Un projet missionnaire pour nos paroisses : la pêche au filet !
Chaque paroissien « pêché » par le Seigneur reçoit la même mission que saint Pierre : devenir « pêcheur d’hommes », par l’écoute de la Parole de Dieu, la vie de prière et sacramentelle, la formation. A son tour, il pourra ensuite « jeter les filets » dans son entourage familial, amical ou professionnel. Chaque groupe et chaque lieu de notre vie paroissiale deviennent alors des filets dans lesquels viennent se prendre des poissons inattendus (cf. article de Don Édouard sur le projet pastoral).
Voir l’évangélisation comme une pêche, c’est compter sur la patience et la Providence de Dieu, bien plus que sur des techniques managériales. C’est aussi bien plus enthousiasmant. Comme lors d’une partie de pêche, Dieu prend son temps… et nous réserve bien des surprises !
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Notre Dame de Lourdes
Paroisses Hebdo n°153
Les évangélistes nous rapportent tous la radicalité avec laquelle les premiers apôtres ont suivi Jésus après la rencontre où ils ont entendu son appel. Il faut essayer d'imaginer la puissance de cette expérience fondatrice, pour toujours mieux relire la nôtre.
C’est une rencontre à deux facettes : les disciples sont, au premier mouvement, tentés de maintenir une distance physique avec Jésus, effrayés qu'ils sont de voir la distance morale, entre la sainteté et la puissance divine qui émane de Jésus et la pauvreté de leurs humanités pécheresses. Et en même temps ils sont profondément séduits, ce qui fait qu’à l'appel du Seigneur, ils sont capables de le suivre, non pas partiellement, mais totalement et spontanément.
Si nous voulons vivre nous aussi cette expérience, laissons-nous illuminer par cette double expérience. D’abord, celle du grand écart entre notre condition, marquée par le péché, et le Seigneur qui nous appelle. Et ensuite cette deuxième expérience qui est d'entendre l'appel du Seigneur, de nous savoir percés à jour, connus par lui.
Nous pourrions avoir peur de le regarder en face, parce que le Seigneur nous appelle… mais cette peur ne dure pas quand nous découvrons que c’est lui qui n’a pas peur de nous appeler à vivre non seulement une proximité, mais une intimité avec lui.
Encore une fois, nous sommes invités à redécouvrir ce contraste dans cette réponse que nous proclamons à la messe : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et mon âme sera guérie ». À la fois, nous reconnaissons l'abîme qui nous sépare de la sainteté, recherchée par nos propres forces, mais aussi que cet abîme est surmontable, parce que le Seigneur vient jusqu'à nous, et de l'intérieur il vient nous sauver, nous guérir, nous rendre semblables à lui. Et laissant tout, nous allons à sa rencontre !
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