Paroisses Hebdo n°160
Ça y est, nous sommes (déjà) à la mi-Carême ! Les ornements liturgiques sont rose, pour manifester le passage de la pénitence à la joie de Pâques qui se profile, comme une pause dans le Carême. L’introït grégorien nous exhorte ainsi à nous réjouir : « Laetare Jérusalem » (« Réjouis-toi, Jérusalem »). Ce dimanche est un jour de joie pour nous rappeler le sens du Carême et nous aider à mieux percevoir la joie de la Résurrection.
Il est très important d’avoir bien en tête la finalité de ce que l’on vit, pas comme quelque chose qui viendra à la fin, mais comme quelque chose qui anime notre vie, notre prière dès aujourd’hui. Les philosophes résument cette disposition intérieure par la formule : « si la fin est dernière dans l’exécution, elle est première dans l’intention ».
La finalité du Carême, c’est Pâques, que nous fêterons à la fin des quarante jours. Mais dès aujourd’hui, nous devons tourner notre vie vers le mystère de la mort et de la Résurrection du Christ, car « si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est sans valeur » (1 Co 15, 17). Le Carême est paradoxalement un temps de joie, puisque la mort n’a pas le dernier mot.
Ainsi, nous ne faisons pas des efforts pour nous faire du mal, mais pour nous revenir à Dieu de tout notre cœur et goûter, dès aujourd’hui, la joie de la vie nouvelle dans le Christ, comme le fils prodigue qui revient vivre dans la maison de son Père. Saint Paul nous dit encore : « soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie » (Ph 4, 4). La foi chrétienne est source de joie car elle nous montre l’amour infini de Dieu, qui ne se lasse pas de nous faire miséricorde et qui nous a réconciliés avec Lui par le Christ.
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Annonciation
Paroisses Hebdo n°159
Au milieu du XIVe siècle, à Sienne, en Toscane, les époux Benincasa donnent la vie à leur vingt-troisième enfant : Catherine, que l’Eglise tout entière appelle aujourd’hui sainte Catherine de Sienne, vierge et docteur de l’Eglise. Morte à trente-trois ans : une géante de la sainteté.
Vers l’âge de six ans, elle sent l’appel du Seigneur et intérieurement lui répond : « Me voici », et elle s’enflamme du désir d’annoncer l’évangile. Assoiffée de Dieu, elle cherche dans une prière fréquente et fervente à le rencontrer, à échanger avec lui, à toujours mieux le connaître.
Le prêtre qui l’accompagnait, le bienheureux Raymond de Capoue, raconte qu’au début des visions fréquentes dont elle a été gratifiée, le Seigneur Jésus a échangé avec elle, à la manière dont Dieu a échangé avec Moïse au buisson ardent « Sais-tu, ma fille, qui tu es et qui je suis ? Si tu as cette double connaissance, tu seras heureuse.
Tu es celle qui n’est pas, je suis Celui qui suis. Si tu gardes en ton âme cette vérité, jamais l’ennemi ne pourra te tromper, tu échapperas à tous ses pièges ; jamais tu ne consentiras à poser un acte qui soit contre mes commandements, et tu acquerras sans difficulté, toute grâce, toute vérité, toute clarté »
Dieu veut nous permettre d’être proches de lui, d’approcher du buisson ardent, de son cœur brûlant d’amour pour nous dans lequel se trouvent les trésors de sa grâce. Comme Moïse, comme Catherine, il nous appelle, par notre nom. Mais en révélant son nom, seul véritable maître de l’existence, Dieu nous invite à disposer notre cœur dans l’humilité : enlevons les sandales de notre orgueil et répondons à son appel pour trouver le seul vrai bonheur.
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Carême 2022
Paroisses Hebdo n°158
« Voyez comme ils s’aiment ! » disaient les païens du deuxième siècle en parlant des chrétiens. Ils étaient étonnés de rencontrer des hommes et des femmes d’horizons divers qui, malgré leurs différences, vivaient ensemble une fraternité authentique et une charité active. Bien plus que par leurs paroles, les chrétiens ont toujours évangélisé par « attraction », en diffusant une joie qui intrigue et qui attire. Comment pourrions-nous évangéliser si nous ne cultivons pas la joie dans nos communautés ?
Souvent, nos assemblées dominicales ne nous permettent pas d’aller vers l’autre et de faire connaissance. Il arrive que des paroissiens qui passent une heure côte à côte depuis des années ne se connaissent toujours que de vue ! N’oublions pas que le Seigneur a dit : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jean 13,35)
Le pèlerinage des paroisses des Saints Apôtres et Saint Jean-Baptiste, le samedi 2 avril, n’est pas un simple moment de tourisme. C’est une invitation à nous recentrer sur ce qui fait le cœur du Carême et de l’expérience chrétienne : le partage et la joie d’être membres de la famille de Dieu. A la collégiale de Douai, nous aurons plus particulièrement l’occasion de renforcer les liens de notre famille paroissiale autour des « trois blancheurs » : la fidélité à l’Eucharistie, à la Vierge Marie et au pape.
Parce que la paroisse est « une famille de familles », chacun est le bienvenu à ce pèlerinage : enfants, ados, étudiants, jeunes professionnels, adultes, seuls ou en famille, actifs ou retraités… C’est un programme exceptionnel et adapté à chaque âge qui vous est préparé par l’équipe organisatrice : marche, prière, enseignement, jeux, visite culturelle et temps conviviaux… Alors ne manquez pas le pélé de Douai ! On vous attend !
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Paroisses Hebdo n°157
Au printemps dernier, j’ai fait la connaissance de Jean-Pierre Pernaut. Comme tout le monde, je l’avais vu dans le 13h de TF1. Il faisait un reportage sur les merveilles des Hauts-de-France et ne pouvait pas passer dans la région sans s’arrêter dans sa cathédrale, celle qu’il vantait si souvent dans le JT, « la plus grande », « la plus belle », celle qu’il savait faire connaître et aimer. Il en était l’ambassadeur amoureux et avait accepté d’assumer à nouveau cette mission pour les 800 ans de Notre-Dame d’Amiens.
Nous nous sommes retrouvés sur le parvis devant le portail du Beau Dieu. Je devais lui souhaiter la bienvenue et lui présenter ce miracle gothique. Il était émerveillé par le travail des ouvriers dont les sculptures s’offraient depuis tant d’années aux regards admiratifs des pèlerins. C’est comme un pèlerin que je l’ai accueilli ce jour-là.
Il arrivait en effet au terme de son pèlerinage sur terre et se tenait devant les portes du paradis. Il lui fallait gravir quelques marches, et après avoir été jugé sur son amour en actes et en vérité, couronné par les anges, entrer dans la lumière. Je le conduisis devant Notre-Dame d’Amiens qui le couvrit de son sourire maternel.
Dans le déambulatoire, Jean-Pierre s’est arrêté devant l’ange pleureur où il a trouvé tant de fois le réconfort et la paix. C’était son endroit favori. Je l’ai trouvé modeste, un vrai picard, « pas fier », disponible à chacun. Il ne s’agit pas de le canoniser, mais de rendre grâce pour celui qui a su mettre Notre-Dame à l’honneur pour la plus grande fierté des Amiénois.
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