Paroisses Hebdo n°178
Depuis quelques mois, nos paroisses comme notre diocèse ont vécu de nombreux changements : nouvel évêque, nouveau curé, nouveaux vicaires… L’Église aurait-elle donc cédé à l’air du temps ? La culture du « zapping » serait-elle devenue son mode de gouvernement ?
Bien sûr il est important que les pasteurs s’enracinent dans un territoire et, plus encore, qu’ils prennent « l’odeur du troupeau », comme aime à le dire le Pape François. Mais il ne faut pas oublier trop vite que l’Église a été, dès les premiers temps apostoliques, fécondée par des missionnaires venus d’ailleurs.
Saint Paul lui-même ne faisait que « passer » dans les premières communautés chrétiennes pour y délivrer sa prédication, tout en gardant un contact épistolaire une fois reparti. Celui « qui vient de loin » a parfois plus de liberté pour dire les choses ou pour apporter un regard neuf.
« Nul n’est prophète en son pays » Depuis des siècles, l’Église vit de cette circulation des charismes et des dons. Au IVème siècle, c’est un chrétien d’Espagne, Firmin, né à Pampelune, qui est venu planter le christianisme dans la Somme. Au XIXème siècle, un saint picard, Antoine Daveluy (fêté le 26 septembre) s’embarquait vers la Corée pour y être missionnaire et martyr. Aujourd’hui, ce sont des prêtres de Corée et d’ailleurs qui viennent en retour enrichir notre Eglise diocésaine.
Ces « apports » extérieurs nous aident à fonder notre unité non sur notre origine mais sur notre foi. Et nous pouvons dire avec saint Paul : « Vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes membres de la famille de Dieu, car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même. » (Éphésiens 2, 19-20).
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Paroisses Hebdo n°177
« Bien que nous soyons capables de grands actes de tendresse, l'histoire nous apprend que nous devons parfois nous sauver de nous-mêmes, de notre imprudence ou de notre avidité. Dieu a envoyé dans le monde une personne unique, ni un philosophe ni un général, bien que ceux-ci soient importants, mais un Sauveur, avec le pouvoir de pardonner. » Dans cet extrait de son message de Noël de 2011, la reine Elisabeth II témoigne de sa foi et touche un aspect essentiel des lectures de ce dimanche.
Comme le gérant malhonnête de l’Evangile, c’est en effet souvent notre avidité et notre imprudence qui nous mettent dans des situations inextricables, non seulement d’un point de vue financier ou humain, mais aussi devant Dieu : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »
Ce n’est pas l’importance de la somme d’argent qu’on possède qui détermine si notre cœur lui est asservi, et la Queen donne l’exemple d’une personne très riche qui, même si on ne peut pas juger de son cœur, du moins ne semblait pas avoir été avide. Sans doute que sa foi y a été pour quelque chose.
En effet, il faut le reconnaître, l’être humain est paradoxal : en tant que créature douée d’une âme spirituelle il est un être limité et fini avec pourtant une soif illimitée et un désir d’infini. Ainsi, Dieu seul étant infini, seul Lui peut combler ce manque. Mais Dieu est invisible et loin, et par conséquent l’homme cherche souvent des biens de substitution parmi les choses de ce monde, comme l’argent et les possessions.
C’est bien pour échapper à ce dilemme que Dieu nous a envoyé le Christ comme Sauveur, le Verbe incarné comme Dieu visible et proche, pour combler par sa présence, son amour et le don de sa vie cette soif insatiable qui nous habite. Ce n’est en définitive qu’en nous tournant vers lui avec foi et amour que nous pouvons trouver la paix de l’âme et notre salut.
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Paroisses Hebdo n°176
Pour se justifier de ne pas aller à la messe le dimanche, il n’est pas rare que des « croyants non-pratiquants » invoquent le fait qu’à la messe se trouve l’une ou l’autre personne en contradiction avec la bienveillance et la sainteté qu’on attendrait d’un chrétien. « S’il y a de « mauvaises personnes » qui fréquentent les assemblées dominicales », pensent-ils, « c’est bien que la messe n’est pas efficace pour la sanctification et qu’on peut être meilleur chrétien sans y aller ».
On dit que le Pape François aurait répondu avec humour à cet argument fallacieux que ce n’est pas parce qu’on voit des gros en salle de sport qu’il ne faut pas y aller… La réponse de Jésus se trouve dans l’évangile de ce dimanche : la messe n’est pas l’assemblée des parfaits mais celle des pécheurs que le Christ rejoint pour les sauver. Les pécheurs sont donc appelés à participer à la vie de l’Eglise pour y entendre l’appel à la conversion et y recevoir la grâce de changer de vie.
La messe dominicale est le rassemblement de tous ceux qui sont appelés par le Christ. Réjouissons-nous de trouver dans nos paroisses des jeunes et des vieux, des riches et des pauvres, des bien-portants et des malades, des saints et des pécheurs (ce ne sont pas toujours ceux que l’on croit) ! Nous sommes tous appelés par le Christ à y découvrir la Miséricorde.
Nos assemblées seront d’autant plus joyeuses et accueillantes que nous nous reconnaitrons pécheurs pardonnés et que nous nous garderons de l’attitude du fils aîné de la parabole en nous réjouissant avec le Père du retour à la maison de ses fils et filles bien aimés quels que furent leurs égarements. Comme le Christ faisons bon accueil aux pécheurs !
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Paroisses Hebdo n°175
Pour beaucoup d’entre nous, le mois de septembre est synonyme de « rentrée », de « reprise » ou de « changement ».
Dans l’Évangile de ce dimanche, le Christ commence une nouvelle étape avec une montée vers Jérusalem. Il est suivi par une foule, et avant d’aller plus loin, il l’informe sur les conditions nécessaires pour devenir ses disciples.
Pour le suivre, Jésus demande de le préférer à toute sa famille et d’apprendre à porter sa croix.
Pour appuyer son propos, il donne deux paraboles. Celle d’un bâtisseur qui doit regarder s’il a le financement avant de commencer les travaux, et celle d’un roi qui doit s’assurer d’avoir les moyens avant de combattre. Cela nous rappelle tout simplement que commencer un chemin suppose de pouvoir aller jusqu’au bout. Il faut donc, dès le début, se demander si on est capable de renoncer à tout pour le suivre.
Il est vrai que ces deux conditions sont exigeantes, tant il nous semblerait normal de penser en premier à notre famille et d’attendre de Dieu qu’il nous décharge de nos croix ! Mais si cette demande peut paraître inconséquente, elle oblige concrètement à faire le choix de Dieu. Elle nous montre ce que nous devons faire pour nous tourner vers lui, sans poser de conditions à notre fidélité.
Pour suivre le Christ tout au long de cette nouvelle année, scolaire, professionnelle, pastorale... mettons-le en premier, et croyons bien que lui saura prendre soin de nous et de nos familles. Ne doutons pas que sa grâce saura rendre plus légères nos épreuves si nous les portons avec lui.
Avec mes frères prêtres et le séminariste François, qui nous rejoint pour l’année scolaire, nous vous assurons de notre dévouement afin que nous puissions chercher ensemble à vivre comme disciples du Christ.
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