Paroisses Hebdo n°183
Avant d’entrer à Jérusalem, Jésus, passe par la ville de Jéricho. En la traversant, il distingue Zachée, riche chef des collecteurs d’impôts de la région. A priori, cet homme était peu recommandable, car il avoue lui-même avoir commis des exactions dans l’exercice de sa charge.
Cela ne l’empêche pas de vouloir voir Jésus et d’en prendre les moyens, en particulier en montant sur un sycomore. Jésus, en le voyant, l’interpelle et s’invite chez lui. Il fait fi ainsi des obstacles pouvant se dresser entre Zachée et lui, en particulier celui de sa profession, de ses péchés et du regard de la foule. Sans aucune autre parole ni demande de la part de Jésus, Zachée de lui-même s’engage à rendre à ceux qu’il aurait pu léser le maximum prévu par la loi romaine. Il va même plus loin puisqu’il annonce faire le don de la moitié de ses biens aux pauvres.
Saint Luc est le seul évangéliste à nous rapporter cette belle rencontre. Après ce récit, il ne nous sera plus fait mention de Zachée. Les Constitutions apostoliques (recueil chrétien du IVème siècle) identifient plus tard "Zachée le publicain", comme le premier évêque de Césarée, ville grecque de Samarie et capitale de la province romaine de Judée. Après la Grande révolte juive et la prise de Jérusalem, il aurait été exilé dans un village gaulois qui sera nommé ultérieurement Rocamadour. Une tradition chrétienne assimile Zachée avec saint Amadour.
Nous fêterons cette semaine la solennité de tous les saints. En embrassant du regard tous ceux qui ont uni leur vie au Christ et qui se sont laissé transformer intérieurement par sa grâce, nous percevons que la sainteté est liée à cet accueil du Christ. Comme pour Zachée, les Saints ont compris qu’avant même de chercher à connaitre le Christ, c’est lui qui est venu pour nous rencontrer et nous sauver.
Lui seul peut mettre en nous un désir de sainteté et la force de l’accomplir. Laissons-le entrer sous notre toit et dans chacune de nos vies. Laissons-le nous inspirer des actes qui traduiront notre désir de rester en lien avec lui.
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Paroisses Hebdo n°182
Les lectures de ce dimanche nous invitent à méditer sur la justice de Dieu. Notre représentation de ce qu'est la justice est indissociable de l'expérience que nous avons de la justice ou de l'injustice. Il y a donc un risque de projeter en Dieu ce que nous expérimentons.
Dire que « Dieu est juste » s'appuie sur la conviction que Dieu agit dans l'histoire. Non pas de manière immédiate et écrasante, car en Dieu cohabitent amour et liberté. Il entre en relation avec nous mais Il nous laisse pleinement libres, de sorte que l'action divine ne s'impose pas.
L'idée de justice de Dieu laisse entendre que, ultimement, les situations injustes que nous connaissons seront dépassées. Bien sûr, nous demeurons dans l'histoire, au milieu de conflits qui caractérisent l'humanité. Mais l’entrée du Christ dans la chair humaine – sa vie, sa mort et sa résurrection – vient accomplir la promesse que Dieu agit pour mettre fin aux injustices.
La justice de Dieu prend un visage très singulier qui est celui de Jésus-Christ. Elle prend le visage d'un homme blessé, qui porte sur lui cette injustice et qui nous en sort.
Nous ne pouvons accueillir la nouveauté du Royaume que de manière incomplète et imparfaite. Il nous appartient de nous ajuster de notre mieux à ce Royaume qui vient. La justice humaine, et même la justice ecclésiale, est dans ce processus d'ajustement, mais ce processus n'est pas achevé. Ce n'est qu'ultimement que sera achevé Son Royaume de justice, de paix et de miséricorde.
Car la miséricorde de Dieu cohabite avec la justice et réciproquement : en effet, c’est parce qu’il est tout-puissant que Dieu peut tout pardonner, et donc, qu’il est miséricordieux ; c’est parce qu’il est tout-puissant qu’aucun pardon n’est au-dessus de ses forces ! Alors, n’ayons pas peur de ce juste juge, qui rend la justice en nous rendant justes !
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Paroisses Hebdo n°181
« Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Ac 1,8)
Ces dernières paroles du Christ avant son ascension sont à la fois une promesse et un commandement. Elles ont été choisies pour nous guider cette année dans la Semaine Missionnaire Mondiale qui commence ce dimanche 16 octobre et trouvera son sommet le 23 octobre avec le Dimanche des Missions et la quête pour les Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM) érigées il y a 100 ans pour soutenir l’activité missionnaire de l’Eglise dans le monde entier.
Comment vivre cette semaine missionnaire ? Le pape François 1 nous donne trois pistes à partir des trois parties du verset des Actes des Apôtres :
1) Laisser la place à l’Esprit Saint. C’est lui « le véritable protagoniste de la mission : c’est lui qui donne la parole juste, au bon moment et de juste manière ». Tournons-nous vers lui dans une prière fervente et insistante, pour nous-même et pour tous les missionnaires de l’Eglise, surtout ceux qui sont découragés ou se trouvent dans des situations difficiles et éprouvantes.
➔ Action concrète : prier tous les jours le Viens Saint-Esprit (Séquence de la Pentecôte)
2) Être un témoin là où je suis. « J’exhorte donc chacun à retrouver le courage, la franchise, cette parrhésie [liberté de parole] des premiers chrétiens, pour témoigner du Christ en paroles et en actes, dans tous les domaines de la vie. »
➔ Action concrète : oser un geste ou une parole qui témoigne de ma foi en Jésus Christ
3) Se soucier de la mission aux extrémités de la terre. S’il est important d’être d’abord évangélisateur là où nous vivons et travaillons, nous ne pouvons pas oublier que l’Eglise est universelle, tout comme sa mission.
➔ Action concrète : soutenir concrètement une initiative missionnaire (OPM ou autre)
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Paroisses Hebdo n°180
Honorons, en récitant pieusement notre rosaire durant ce mois d’octobre, celle qui a été déclarée sainte patronne de notre pays par le pape Pie XI :
« Il est certain, selon un ancien adage, que le royaume de France (Regnum Galliae) a été appelé le royaume de Marie (Regnum Mariae), et cela à juste titre. Car, depuis les premiers siècles de l’Église, Irénée de Lyon, Hilaire de Poitiers, Anselme, Bernard de Clairvaux et nombre d’autres saints docteurs, ont célébré Marie et contribué à promouvoir et amplifier à travers la France le culte de la Vierge Mère de Dieu.
Même les monuments sacrés attestent d’éclatante manière l’antique dévotion du peuple à l’égard de la Vierge : 34 églises cathédrales jouissent du titre de la Vierge Mère de Dieu, parmi lesquelles on aime à rappeler comme les plus célèbres, celles qui s’élèvent à Paris, à Amiens, et à Chartres. L’immense affluence des fidèles accourant de loin chaque année aux sanctuaires de Marie montre clairement ce que peut dans le peuple la piété envers la Mère de Dieu et plusieurs fois par an la basilique de Lourdes, si vaste qu’elle soit, paraît incapable de contenir les foules innombrables des pèlerins.
La Vierge en personne, trésorière de Dieu de toutes les grâces, a semblé, par des apparitions répétées, approuver et confirmer la dévotion du peuple français.
Bien plus, les chefs de la nation se sont fait gloire longtemps d’affirmer et de défendre cette dévotion envers la Vierge. Converti à la vraie foi du Christ, Clovis s’empresse, sur les ruines d’un temple druidique, de poser les fondements de l’Église Notre-Dame. Le roi saint Louis récite dévotement chaque jour l’office de la Vierge. Enfin, Louis XIII consacre le royaume de France à Marie et ordonne que chaque année, en la fête de l’Assomption de la Vierge, on célèbre dans tous les diocèses de France de solennelles fonctions.
C’est pourquoi, Nous déclarons et confirmons que la Vierge Marie Mère de Dieu, sous le titre de son Assomption dans le ciel, a été régulièrement choisie comme principale patronne de toute la France auprès de Dieu, avec tous les privilèges et les honneurs que comportent ce noble titre et cette dignité. »
Pie XI (2 mars 1922)
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Paroisses Hebdo n°179
Les apôtres, en voyant ce que le Christ réalise et en écoutant ce qu’il leur demande, lui font cette prière : « augmente en nous la foi ! ». Jésus leur répond alors qu’avec un tout petit peu de foi, ils pourraient déjà faire de grandes choses.
Il illustre cette parole par une comparaison, volontairement choquante, entre un maître et son serviteur. Ce dernier, après avoir travaillé toute la journée, se doit le soir de continuer de servir son maître avant de pouvoir se reposer, tout en se rappelant qu’il n’a fait que son devoir !
Pour comprendre ce qu’est la foi, il nous faut donc prendre la mesure de ce que nous sommes face à Dieu, comme ce serviteur face à son maître. Réaliser la grandeur de Dieu, que nous ne sommes rien face à Lui, et même que nous ne pouvons prétendre à rien.
Si Dieu compte ainsi sur nous, comme le maître sur ses serviteurs, ce n’est pas en fonction d’une nécessité pour lui de faire appel à nous, mais tout simplement parce qu’Il le veut. C’est là sa grandeur : il pourrait tout faire sans nous mais veut avoir besoin de nous pour réaliser son plan de salut. Et si Dieu compte sur nous, il ne peut que nous aider à réaliser ce qu’il nous demande. La découverte de cette confiance qu’il met en nous et de sa bonté, ne sont-elles pas le début de la foi ? Un tout petit peu de cette foi peut alors porter de beaux fruits. Pensons à l’œuvre de rédemption que Jésus a réalisée pour tous les hommes, « simplement » en mourant sur la Croix…
En tenant compte du fait qu’il n'y aura jamais de commune mesure entre le peu que l'homme va réaliser et la merveille que Dieu pourra accomplir à travers lui, donnons-Lui notre peu de foi pour qu’il puisse faire des merveilles.
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