Paroisses Hebdo n°187
Le Temps de l’Avent marque le début de l’Année liturgique et achemine vers la célébration de la fête de Noël. Le premier dimanche, tous les textes bibliques évoquent la Manifestation du Seigneur à la fin des temps, et l’urgence de se préparer à cet achèvement de l’histoire des hommes sur cette terre. L’horizon de l’Avent ne se limite donc pas à la naissance de l’Enfant de Bethléem, mais se situe sur la trame ininterrompue de l’Histoire du Salut,des origines à son accomplissement.
Pour saisir, à Noël, l’importance de la naissance du Fils de Dieu dans notre chair, il nous faut la considérer dans la continuité des manifestations successives du Seigneur. Il est venu, autrefois, de multiples manières, il s’est fait homme et vient encore à nous aujourd’hui, et il viendra un jour dans la gloire. Le Temps de l’Avent célèbre ce triple Avènement.
En lien avec la grâce propre liée à ce temps liturgique, que pourrions-nous vivre de façon particulière pour accueillir le Christ de manière plus forte et resserrer notre lien avec lui ?
Un petit enfant commence par entendre la voix de ses parents, puis il apprend leur langue avant d’entrer en dialogue avec eux. De la même manière, il nous est nécessaire de vivre des instants de silence pour nous disposer à entendre la voix de Dieu, puis de découvrir sa Parole afin de mieux nous unir à lui.
La liturgie nous offre un moment privilégié pour vivre cela avec l’adoration et les vêpres. Le dimanche, jour de la semaine où nous consacrons plus de temps à Dieu, l’occasion nous est donnée de le vivre dans notre cathédrale. Par l’adoration, nous pouvons nous mettre en présence du Christ qui est déjà venu et qui continue d’être présent au milieu de nous dans son Eucharistie. Par la prière des vêpres, nous le prions avec les mots qu’il nous a donnés pour le louer. Et si nous profitions de ce moment pour nous unir un peu plus à lui pendant tout ce temps de l’Avent ?
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Paroisses Hebdo n°186
« Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume ! » Quel étonnant cri du cœur de la part d’un supplicié ! A côté de Jésus en croix, un inconnu que la tradition appelle le « bon larron » trouve assez de confiance et d’espérance pour adresser ces quelques mots. Ce « Roi de l’Univers » que nous célébrons en ce dernier dimanche de l’année liturgique est un roi impuissant, cloué à la croix.
Saurons-nous voir, comme le bon larron, que si le Christ ne se montre pas puissant à la manière des hommes, c’est pour manifester que le véritable centre de gravité de l’Univers ne se situe pas là où les hommes le cherchent habituellement ?
Jésus le dira tout au long de son ministère : sa puissance ne se déploie pas dans la force, mais dans le service, dans la conversion des cœurs, dans le retour des fils et des filles vers leur Père.
Sur la Croix, sa royauté est cachée, il faut savoir la saisir. Elle est alors en mesure de nous arracher au pouvoir des ténèbres. C’est ce que sait voir le bon larron.
C’est notre tour. Saisissons le Christ ! Qu’il nous arrache à nos ténèbres et nous conduise à son Royaume. Pour cela, prenons le temps de faire une relecture de cette année : Quelle est la ou les paroles du Christ qui m’ont touché ? Quel temps ai-je consacré dans mes semaines pour ma relation au Christ ? Quels évènements ou quelles personnes m’ont aidé à mesurer sa présence et son action dans ma vie ?
Quelles sont les occasions où je lui ai demandé son soutien ou son conseil ? Que cette démarche soit avant tout une façon de demander à Jésus de faire davantage partie de notre vie, de nous arracher au pouvoir des ténèbres, de nous faire vivre dès maintenant de sa vie pour nous conduire dans son Royaume.
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Paroisses Hebdo n°185
Lundi dernier, la conférence de presse de Mgr Eric de Moulins-Beaufort sur les actes d’inconduite et les manquements de certains évêques nous a profondément affectés. Par une coïncidence troublante, dans l’évangile du jour, Jésus nous disait : « Il est inévitable que surviennent des scandales, des occasions de chute ; mais malheureux celui par qui cela arrive !
Il vaut mieux qu’on lui attache au cou une meule en pierre et qu’on le précipite à la mer, plutôt qu’il ne soit une occasion de chute pour un seul des petits que voilà » (Lc 17,1-2). Vraiment, « elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants » (He 4,12).
Mais comment entendre la suite ? « Prenez garde à vous-mêmes ! Si ton frère a commis un péché, fais-lui de vifs reproches, et, s’il se repent, pardonne-lui » (Lc 17,3). Cet appel de Jésus à pardonner ne veut certainement pas empêcher la justice. Il veut plutôt nous éviter d’être contaminés par le mal, ou du moins nous relever, si nous sommes déjà tombés à cause de cette occasion de chute qu’est le comportement honteux d’un évêque.
En effet, face aux péchés de ceux qui sont censés être nos guides dans la foi, qui ne serait pas tenté de relativiser l’appel à la sainteté qui nous a été adressé à la Toussaint ? Si des évêques en sont là, franchement, moi je ne vois pas pourquoi je devrais faire des efforts ; comparé à eux je suis plutôt dans le droit chemin, alors la sainteté on verra plus tard… C’est peut-être là le pire scandale, la terrible occasion de chute, celle qui entraine notre âme à ne plus chercher à s’élever vers Dieu.
« Prenez garde à vous-mêmes ! », nous dit Jésus. Je suis d’abord responsable de mon âme. Quel que soit le comportement des autres, et même des pasteurs, je me dois de persévérer dans mes efforts pour vivre les Béatitudes. C’est dur. Alors supplions le Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » (Lc 17,5).
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Paroisses Hebdo n°184
Dans son livre « Comment notre monde a cessé d’être chrétien », l’historien Guillaume Cuchet dissèque « l’anatomie de l’effondrement » de la pratique religieuse en France dans les années soixante. L’une des causes ou symptômes de cet effondrement est étudiée dans le dernier chapitre intitulé : « La fin du salut ? La crise de la prédication des « fins dernières » ». Si un christianisme qui ne se préoccupe plus du salut et de la vie éternelle est un christianisme moribond, alors il est de prime importance d’élever à nouveau nos regards vers le Ciel (sans pour autant oublier que nous avons les pieds sur terre).
Le mois de novembre qui marque l’entrée en hiver est depuis des temps immémoriaux une période où l’on se confronte à la question de la mort. L’Eglise a christianisé la fête celtique de Samain (devenue Halloween) en instituant la Toussaint le 1 er novembre et la commémoraison des fidèles défunts le lendemain.
La fête de la Toussaint raffermit notre espérance : puisqu’il y a tant de saints connus ou inconnus au Ciel, c’est que le salut est possible ! S’il l’a été pour eux, il l’est aussi pour nous. Suivons l’exemple de ces baptisés et implorons leur intercession.
Le 2 novembre, qui se prolonge tout le mois, raffermit notre charité. Nos prières, nos bonnes actions, visites au cimetière, ou encore les messes que nous offrons pour nos défunts manifestent que notre amour pour eux est toujours vivant, incarné et efficace ! Nos suffrages permettent d’accélérer le processus miséricordieux de purification des âmes du purgatoire. Combien seront-elles reconnaissantes une fois entrées dans la Béatitude céleste !
Se réapproprier les fins dernières passe aussi par l’étude. Je vous recommande de vous procurer la trilogie du P. Jean-Marc Bot, « Le Paradis », « Le Purgatoire », « L’Enfer ». Demandez conseil à votre libraire ! Comme le dit le proverbe chinois : « Il a plus de chance d’arriver, celui qui sait où il va ». Alors profitons de ce mois de novembre pour découvrir notre destinée !
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