Paroisses Hebdo n°208
Toute vocation est à la fois une grâce et une mission, nous dit le pape François dans son message pour la 60e Journée mondiale de prière pour les vocations, célébrée ce 4 ème dimanche de Pâques.
Oui, la vocation est une grâce, un cadeau. Chacun de nous peut dire : quelle chance j’ai d’avoir été choisi, élu, appelé. Si j’existe, c’est parce que le Seigneur a voulu avoir besoin de moi. Je sers à quelque chose ! J’ai, ou mieux encore, je suis une mission de première importance qui concerne la destinée surnaturelle du monde !
Soit, mais comment ? Chacun des sacrements : baptême, communion, confirmation, confession, mariage, ordre, onction des malades, chacun des sacrements que j’ai reçus est une grâce qui me fut faite, parce qu’il m’a confié une responsabilité. Chaque sacrement m’a chargé de rendre visible et efficace l’amour infini de Dieu pour toute sa création.
Que ce soit par ma confiance inébranlable, mon dévouement désintéressé, mon feu missionnaire, ma pénitence publique, mon amour conjugal, mon ministère sacerdotal ou l’offrande de mes souffrances, je sers la plus grande des causes, celle de l’alliance entre Dieu et les hommes.
Si chaque vocation est une grâce et une mission c’est particulièrement le cas pour la vocation sacerdotale et religieuse. Prions, pour que les jeunes que le Seigneur appelle à cette mission extraordinaire de le servir et de le représenter dans une consécration totale, puissent y voir d’abord et avant tout une grâce accordée plutôt qu’un fardeau à éviter.
Et même quand c’est un fardeau, c’est encore une grâce, étant le fardeau léger du Christ.
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Paroisses Hebdo n°207
Deux disciples repartaient de Jérusalem, après la Pâque juive, avec le souvenir de ce que Jésus avait vécu deux jours plus tôt en mourant sur la croix. Ils évoquaient sa personne en qui ils avaient mis tous leurs espoirs. Voici qu’un inconnu fait route avec eux, les écoute et s’informe de ce qui les préoccupe. Et tandis qu’il leur interprète les Écritures, la lumière jaillit du fond de leur tristesse. Le désespoir se dissipe, le courage revient. Ils l’invitent à rester, et au moment où ils reconnaissent Jésus grâce à la fraction du pain, celui-ci disparaît devant leurs yeux…
Dans la prière qu’il nous a laissée, Jésus nous a enseigné à demander au Père de nous aider à ne « pas entrer en tentation ». Ces tentations peuvent se situer à différents niveaux, dont celui de la foi. Dieu peut parfois sembler loin, sourd, voire impuissant à changer les choses. Nous découvrons avec le récit des pèlerins d’Emmaüs que Jésus est à nos côtés et qu’il marche avec nous. Que s’il est tentant d’en rester à ses questions, ses critiques ou ses incompréhensions, et d’entrer ainsi dans une certaine morosité, il nous faut plutôt chercher à découvrir sa présence et à le laisser entrer dans nos cœurs.
Il s’agit d’accomplir le même itinéraire que Jésus fit faire aux deux disciples d’Emmaüs, à travers la redécouverte de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie.
Laissons Jésus ressuscité nous rencontrer et entrer dans nos vies. Il est toujours présent parmi nous, Il marche avec nous pour ouvrir nos yeux et nous guider. Ayons confiance dans le Ressuscité qui a le pouvoir de donner la vie. La foi en Lui transforme notre vie : elle la libère de la peur, elle lui donne une ferme espérance, elle l’anime par ce qui donne un sens plein à l’existence, l’amour de Dieu.
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Paroisses Hebdo n°206
En ce deuxième dimanche de Pâques, nous fêtons la « miséricorde » de Dieu. Mais savons-nous vraiment de quoi il s’agit ? Faut-il voir dans la miséricorde un nouveau dada inventé par l’Église pour rendre le message du Christ plus attractif ? Ne sommes-nous pas prisonniers d’une vision un peu simpliste ? Le Dieu justicier de l’Ancien testament et du siècle dernier serait – enfin ! – devenu un Dieu miséricordieux avec la modernité !
En réalité, la miséricorde se trouve dans toute la Bible et toute la théologie de l’Église. Elle est « la dimension indispensable de l’Amour, comme son deuxième nom, en même temps que la manière propre dont il se révèle et se réalise pour s’opposer au mal qui est dans le monde ».
Concernant notre vie personnelle avec Dieu, c’est par la miséricorde que l’homme, « dans la vérité intérieure de son existence, entre en relation le plus intimement et le plus souvent avec le Dieu vivant » (Jean-Paul II).
Par la miséricorde, Dieu atteint mon cœur et j’atteins le cœur de Dieu ! La miséricorde n’est ni faiblesse, ni complicité avec le mal : elle est la signature d’un Dieu qui peut tout guérir, tout sauver, tout recréer. Rien ne peut Lui faire obstacle ; rien n’est impossible ou impardonnable pour Lui. Dieu n’est pas comparable à un juge chargé d’appliquer une loi qui lui serait supérieure. Il est la Loi et il est l’Amour. Étant Seigneur de toute chose, il n’a à se soumettre à personne et il attribue ses dons dans sa liberté souveraine.
Non seulement la miséricorde ne s’oppose pas à la justice ; mais au contraire, elle la fonde, la dépasse, et lui confère sa plénitude. Enfin, si Dieu est bon, il ne peut vouloir que diffuser cette bonté. Cela signifie que sa miséricorde se trouve dans chacune de ses œuvres et que toute intervention de sa part dans notre vie ne peut être motivée que par ce projet d’amour.
Oui, Dieu est miséricorde !
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Paroisses Hebdo n°201
Le Christ est ressuscité, quelle joie ! Ou plutôt : quelle joie ? Celle qu’on éprouve quand un ami qu’on pensait condamné s’en sort malgré tout ? C’est bien pour lui, mais sans conséquence pour ma propre maladie. A Pâques, nous n’applaudissons pas seulement Jésus plus fort que la mort. Nous nous réjouissons aussi de ce que cela signifie pour nous.
Déjà, la résurrection du Christ constitue l’authentification de tout ce qu’il a dit et fait auparavant. C’est la preuve qu’il disait vrai : il est réellement notre Sauveur et, pour de vrai, il peut pardonner nos péchés et nous conduire à la vie éternelle.
Mais la résurrection n’est pas uniquement une authentification, un label qu’on appose. Elle est un évènement salutaire en elle-même. Jésus était mort. Il n’y avait plus de souffle de vie en lui. Fini. Arrêt total. Et voilà qu’il reprend vie. Sans intervention médicale, sans influence d’une force observable, sans explication physique. Bref, sans cause intramondaine. C’est un recommencement absolu.
La résurrection libère l’humanité des enchainements de cause à effet, des « donc » et des conséquences inéluctables. Il n’y a plus cet éternel « Avec ce que j’ai subi, avec ce que j’ai vécu, avec ce que j’ai fait, forcément, inéluctablement, je suis ainsi et ça ne changera jamais ». Non, Dieu peut donner vie à ce qui est mort. Il peut donner un nouveau départ à partir de rien. Il ne fait pas que souffler sur la braise. Même quand il n’y a plus de braise, que le feu est bel et bien éteint, Dieu crée à nouveau.
La résurrection est une brèche dans l’inévitable, un tour joué au destin, un saut dans l’enchainement des évènements. Nous ne sommes pas soumis aux lois anonymes de la nature, inflexible et impitoyable. Non, nous sommes les enfants d’un Dieu personnel, qui se laisse fléchir et qui fait miséricorde et qui peut donner vie à ce qui était mort .
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Paroisses Hebdo n°204
Le dimanche des Rameaux est un jour liturgique contrasté. D'une part, la procession des Rameaux est un moment joyeux et triomphant, rappelant l'entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, où il a été acclamé par la foule comme le Messie, Fils de David et Roi d'Israël. D'autre part, le chant de la Passion rappelle la tristesse de la souffrance et la mort du Christ sur la croix.
Le peuple chrétien en prenant part à la procession des Rameaux reprend à son compte le geste des juifs et lui donne toute sa signification dans la plénitude de la foi. Il sait que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, venu pour le libérer, non par la force et la puissance mais par l’amour et l’humilité. Notre Messie n’est autre que le Serviteur souffrant annoncé par Isaïe.
Le récit de la Passion est la manifestation surprenante de la gloire de Dieu qui révèle à quel point il est prêt, par amour, à s’abaisser pour chercher l’homme déchu et le restaurer dans sa dignité d’enfant deDieu.
Le Jeudi saint aussi est contrasté puisqu’il nous fait passer de la joie de l’institution de l’Eucharistie et du Sacerdoce à la tristesse de l’Agonie. Dans ces deux événements, le Seigneur manifeste la plénitude de sa liberté. Si le Vendredi saint, il semble contraint et forcé, privé de sa liberté, le Jeudi saint montre que c’est vraiment librement qu’il offre son Corps et son Sang et qu’il adhère à la Volonté du Père.
Le Vendredi saint, la Parole éternelle de Dieu s’enfonce petit à petit dans le silence des paroles pour laisser parler le témoignage de l’amour. La réponse de Dieu au mystère du mal est le silence du Fils de Dieu innocent qui s’est offert en victime à la place du coupable. Pour comprendre ce langage, la voie royale est celle du silence intérieur ouvrant à la contemplation et au don de soi.
Nous sommes invités à revivrepar la liturgie toutes ces étapes de la Semaine sainte pour laisser éclater la joie de la Résurrection.
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