Paroisses Hebdo n°216
Une âme peut-elle mourir ? N’a-t-on pas appris au catéchisme que l’âme humaine était immortelle ? Ce que l’on désigne par âme est l’esprit qui anime le corps lui donnant ainsi la vie. Pour l’homme, l’âme est rationnelle et puisqu’elle est spirituelle elle ne saurait être dissoute par la mort corporelle. C’est en ce sens qu’on la dit immortelle.
A la grande surprise de Nicodème, Jésus lui annonça « qu’à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu ». Il y a une deuxième naissance après la naissance corporelle, c’est la naissance à la vie de la grâce conférée par « l’eau et de l’Esprit ». Le baptême initie en l’âme une nouvelle vie qui est participation à la Vie même de Dieu.
En ce sens-là, l’âme sera dite vivante quand elle est en état de grâce, c’est-à-dire qu’elle est en communion avec Dieu au moyen de la grâce sanctifiante. Cette dernière peut être qualifiée de « vie de l’âme ». Cette vie a besoin comme toute vie d’être alimentée et soignée pour se développer. Elle peut aussi malheureusement être atrophiée, blessée et même mourir.
L’acte qui tue cette vie de l’âme est le péché mortel. Voilà ce qu’enseigne le catéchisme de l’Eglise catholique (n°1861) : « Le péché mortel est une possibilité radicale de la liberté humaine comme l’amour lui-même. Il entraîne la perte de la charité et la privation de la grâce sanctifiante, c’est-à-dire de l’état de grâce. S’il n’est pas racheté par le repentir et le pardon de Dieu, il cause l’exclusion du Royaume du Christ et la mort éternelle de l’enfer, notre liberté ayant le pouvoir de faire des choix pour toujours, sans retour. »*
Au cœur de ce paragraphe, qui exprime la catastrophe radicale de l’existence humaine, l’Eglise annonce une bonne nouvelle : le repentir et le pardon de Dieu restaurent l’âme dans sa dignité et sa vie. Si l’âme peut vivre et mourir, elle peut aussi ressusciter par la puissance miséricordieuse du Christ!
*(vatican.va/archive/FRA0013/__P66.HTM)
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Paroisses Hebdo n°215
En voyant les foules venir à lui, Jésus pose sur elles un regard compatissant. Il les voit désemparées et abattues comme des brebis livrées à elles-mêmes, sans berger pour les guider.
Jésus invite alors ses disciples à prier son Père d’envoyer des ouvriers vers elles. Et c’est le moment qu’il choisit pour instituer les douze apôtres et les envoyer pour la première fois en mission, afin d’annoncer que le Royaume de Dieu est tout proche.
La première consigne qu’il leur donne peut être surprenante : ils doivent se limiter aux seuls ressortissants d’Israël ! Pour prendre soin de ce troupeau, il leur donne un pouvoir, celui de guérir les malades, ressusciter les morts et expulser les démons. C’est après la Pentecôte que leur mission sera étendue au monde entier. Les ouvriers de la 11ème heure accueilleront alors le même salut que ceux de la première.
Le regard compatissant de Jésus et son choix de passer par des hommes pour rejoindre les foules, nous invitent à poser le même regard compatissant que lui sur les détresses qui nous entourent et à entendre son appel à travailler pour la venue de son Royaume. Mais nous pouvons aussi avoir une attention particulière pour cette première consigne, qui ne visait pas à exclure du Royaume ceux qui n’étaient pas juifs, mais à commencer par agir envers ceux qui leur étaient proches.
Nous sommes très informés des détresses de notre monde. Et si on ne peut être indifférent au sort de ceux qui subissent la guerre et les destructions, ni aux différentes injustices qui nous sont rapportées, nous devons veiller à ne pas souffrir d’hypermétropie. Comme l’œil qui voit net de loin, mais flou de près, il ne faudrait pas être aveugle aux détresses de ceux qui sont juste à côté de nous.
La compassion pour ceux qui sont au loin peut se traduire par la prière, celle pour ceux qui sont auprès de nous passe par la prière et l’action. L’exigence est plus grande car il s’agit alors de donner de son temps, de l’attention, de renoncer à soi-même, de rendre service… C’est plus exigeant, mais plus évangélique !
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Paroisses Hebdo n°214
Voilà une citation qui ne vient pas de l’Écriture, mais bien plutôt des publicités de nos grandes surfaces. Et pourtant, ce dicton bien français renferme une vérité que nous vérifions aisément : le moral est souvent dans l’assiette, tout comme la santé. A l’inverse, qui mange des aliments de mauvaise qualité voit sa santé se détériorer. Qui mange des choses avariées tombe malade. Qui ne mange pas finit par mourir.
Si je n’avais pas été prêtre, je crois que j’aurais aimé être cuisinier. Un peu par gourmandise, je le confesse. Mais aussi pour la joie de voir des convives se réjouir autour d’une bonne table. L’Écriture elle-même a recours à la gastronomie quand elle veut nous faire désirer le Royaume des Cieux : « Le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés »(Isaïe 25, 6).
Le véganisme n’est donc pas parole d’Évangile. Bien au contraire, le Christ lui-même emploie un vocabulaire bien cru pour nous parler de l’Eucharistie : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme vous n’avez pas la vie en vous ». Voilà donc l’aliment du chrétien ? Voilà donc ce mets si précieux ? Sous l’apparence du pain, aliment le plus simple qui soit, se cache l’aliment-remède : le Christ lui-même, dans son âme, son corps et sa divinité.
La nourriture nous transforme, lentement mais sûrement, et notre corps nous le rappelle. Alors celui qui « mange » Dieu sera lui-même divinisé !
La fête du Saint-Sacrement, ou « Fête-Dieu », célèbre le Corps et le Sang du Christ. Comme pour un festin, la liturgie nous invite à solenniser ce jour. A la place des nappes et de l’argenterie, nous aurons les ornements, les chants et les pétales de fleurs. La table est préparée pour nous par le Seigneur. Nous sommes ses convives, et il nous donne ce qu’il a de meilleur : lui-même.
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Paroisses Hebdo n°213
Cette année la fête paroissiale tombe le dimanche de la Sainte Trinité. Un hasard ? Certainement pas. Pour chacun de nous, il y a un sens profond à cette heureuse coïncidence.
En effet, nombreux sont les maîtres spirituels qui ont parlé de la Trinité où Dieu Père, Fils et Saint-Esprit sont dans une communion éternelle, comme d'une danse divine. C’est une image évocatrice. Elle nous parle de mouvement, de grâce, de joie, d’amour... Dans une danse à plusieurs, chacun doit faire attention aux autres, les gestes sont ajustés à ceux des autres, les pas harmonisés au rythme des autres.
La danse, quand elle est belle, est pleine de finesse, de tact, de délicatesse. Quand on danse, on perd le sens du temps et l’instant présent révèle sa densité cachée, indice de l’éternité.
Pensons aussi à ces scènes si émouvantes, souvent reprises dans les livres ou les films, où dans un moment de grâce, les gens se mettent à danser en plein milieu d’une catastrophe, d’une guerre, d’une famine. Comment est-ce possible ? Le philosophe catholique Josef Pieper disait que la vraie fête était la forme fondamentale du « oui » à la vie, une manifestation spontanée de la vérité profonde de la bonté de l’être et de l’existence.
Or si tel est le cas, c’est parce qu’à l’origine de tout, il y a un Dieu d’amour créateur, un Dieu qui s'ajuste à sa créature, un Dieu qui sans cesse renouvelle toutes choses. Bref, un Dieu Un et Trine, Père, Fils et Esprit Saint. Un Dieu qui danse.
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