Paroisses Hebdo n°245
Une fois n’est pas coutume, laissons la parole à Benoît XVI. Don Xandro « Aujourd'hui, deuxième dimanche de Carême, poursuivant le chemin pénitentiel, la liturgie nous invite à réfléchir sur l'événement extraordinaire de la Transfiguration sur la montagne, après nous avoir présenté, dimanche dernier, l'Evangile des tentations de Jésus dans le désert.
Considérés ensemble, ces deux épisodes anticipent le mystère pascal : la lutte de Jésus contre le tentateur annonce le grand duel final de la Passion, tandis que la lumière de son Corps transfiguré anticipe la gloire de la Résurrection. D'une part, nous voyons Jésus pleinement homme, qui partage avec nous jusqu'à la tentation ; de l'autre, nous le contemplons Fils de Dieu, qui divinise notre humanité.
Ainsi, nous pourrions dire que ces deux dimanches servent de piliers sur lesquels repose tout l'édifice du Carême jusqu'à Pâques, et même toute la structure de la vie chrétienne, qui consiste essentiellement dans le dynamisme pascal : de la mort à la vie. La montagne est le lieu de la proximité avec Dieu. C'est le lieu élevé, par rapport à la vie de tous les jours, où l'on peut respirer l'air pur de la création. C'est le lieu de la prière, où l'on peut être en présence du Seigneur, comme Moïse et comme Elie qui apparaissent aux côtés de Jésus transfiguré et parlent avec Lui de l'« exode » qui l'attend à Jérusalem, c'est-à-dire de sa Pâque.
La Transfiguration est un événement de prière : en priant, Jésus se plonge en Dieu, s'unit intimement à Lui, adhère avec sa volonté humaine à la volonté d'amour du Père, et ainsi la lumière l'envahit et la vérité de son être devient visible : Il est Dieu, Lumière née de la Lumière. Les vêtements de Jésus aussi deviennent blancs et éclatants. Cela fait penser au Baptême, à la robe blanche que revêtent les néophytes. Celui qui renaît dans le Baptême est revêtu de lumière, anticipant la vie au ciel […].
Ici se trouve le point crucial : la transfiguration est une anticipation de la résurrection, mais celle-ci suppose la mort. Jésus manifeste sa gloire aux Apôtres, afin qu'ils aient la force de faire face au scandale de la croix, et comprennent qu'il faut passer à travers de nombreuses tribulations pour atteindre le Royaume de Dieu. La voix du Père, qui retentit du ciel, proclame Jésus comme son Fils bien-aimé, comme lors de son baptême dans le Jourdain, en ajoutant : « Ecoutez-le ». Pour entrer dans la vie éternelle il faut écouter Jésus, le suivre sur le chemin de la croix, en portant dans son cœur, comme Lui, l'espérance de la résurrection.
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Paroisses Hebdo n°244
Adam et Eve pour avoir voulu se faire dieux, sans Dieu, tentés par le serpent ont été chassés du Paradis terrestre : « Le Seigneur Dieu déclara : Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bien et du mal ! Maintenant, ne permettons pas qu’il avance la main, qu’il cueille aussi le fruit de l’arbre de vie, qu’il en mange et vive éternellement ! Alors le Seigneur Dieu le renvoya du jardin d’Éden. » (Gn 22-23)
Depuis lors le désert est le symbole de notre vie terrestre où l’homme pécheur erre sans but et lutte dans un environnement devenu hostile par sa faute. On aurait pu s’attendre qu’après la 1ère Pâque et le passage de la mer Rouge, Dieu conduise les Hébreux directement en terre promise. Ils vont pourtant passer quarante ans dans le désert.
Mais, ce dernier n’est plus vide car Dieu chemine avec eux et les guide vers la terre promise. C’est notre condition terrestre de baptisés en chemin vers le Ciel.
Jésus en passant quarante jours dans le désert fait mémoire de ces événements fondateurs, sanctifie le désert de sa divine présence et combat l’antique serpent. Sa victoire sur le démon inaugurée au désert sera définitive sur la croix. C’est par cette nouvelle Pâque que Jésus ouvre les portes du Paradis définitif invitant tous ceux qui, à l’instar du bon larron, veulent recevoir de lui le salut.
Au cours de ce carême, comme tout au long de notre vie, soyons unis à Jésus et fermes contre les tentations car « Au vainqueur, je donnerai de goûter à l’arbre de la vie qui est dans le paradis de Dieu. » Ap 2,07.
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Paroisses Hebdo n°243
Le pape François a choisi de consacrer l’année 2024 à la prière. Il nous invite ainsi à approfondir notre relation avec le Christ et à découvrir la puissance de la prière.
Nous entrerons cette semaine dans le temps du carême et nous savons que ce temps liturgique est propice à une vie de prière plus soutenue.
La prière nous permet de nous centrer sur Dieu, pour accueillir son amour et l’écouter, afin de discerner et de mettre en œuvre sa volonté. Ce dimanche, nous accueillons les fiancés de nos deux paroisses qui vont recevoir prochainement le sacrement du mariage. L’amour qu’ils se portent et qu’ils veulent s’engager à vivre tout au long de leur vie nous dit quelque chose de ce lien que la prière peut établir entre nous et Dieu.
Si l’époux ou l’épouse regarde l’autre comme un être unique, sachons donner à Dieu la place et le temps qui lui reviennent. L’attirance pour l’autre dans le couple dit également quelque chose de cet amour comblant venant de Dieu, lui qui est à la fois le Tout-Autre et qui en même temps se fait si proche de nous.
Le dialogue, sans lequel aucune relation ne peut grandir, nous rappelle combien il est important d’être attentif à la parole qui nous est adressée, et donc à la place que doit prendre la Parole de Dieu dans nos vies. Et quand on se sait aimé, on sait qu’on peut toujours demander de l’aide à l’autre. Il en est de même avec Dieu qui connait nos besoins et qui veut nous aider. Jésus répond à la demande du lépreux dans l’évangile de ce dimanche : « je le veux, soit purifié ».
Il y a plusieurs formes de prière, depuis l’oraison jusqu’à la messe, en passant par le chapelet ou la liturgie des heures. Ce qui importe en ce domaine, pour que cela soit fructueux, c’est qu’il y ait toujours la dimension personnelle et communautaire.
Que le temps du carême nous permette de nous renouveler dans notre vie de prière, et de présenter à Dieu toutes nos intentions.
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Paroisses Hebdo n°242
La liturgie de ce dimanche nous réveille par la voix de l’apôtre saint Paul : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ! ». L’Église est en « état d’urgence missionnaire » depuis l’origine. Jésus nous exhortait déjà avec force : « Allez de toutes les nations, faites des disciples ». La parole de Paul « malheur à moi » ajoute même une dimension de gravité : comme si Dieu risquait de nous punir de notre inaction missionnaire.
En réalité, le malheur dont parle saint Paul est davantage celui que nous pouvons ressentir lorsque nous n’allons pas jusqu’au bout de l’appel intérieur que le Seigneur nous a adressé par notre baptême, et que nous le délaissons par infidélité ou par négligence. A l’inverse, beaucoup ont pu faire l’expérience que l’engagement au service de Dieu et de nos frères est source de paix et de joie.
Dans nos pays déchristianisés, on insiste fortement sur la nécessité de la « conversion missionnaire ». En effet, si l’on attend sagement que tout vienne d’en haut (du Pape, des évêques, des prêtres…), l’Église se réduira lentement mais sûrement à peau de chagrin !
Dans la « conversion missionnaire », que le Seigneur nous invite à vivre, il faut d’abord entendre le mot « conversion ». Cela signifie qu’être missionnaire n’est pas d’abord une question de technique, de méthode. Ce n’est pas une réforme managériale ou technocratique qui rendra nos communautés plus missionnaires.
Saint Paul n’avait pas les moyens de communication d’aujourd’hui ; il s’est juste laissé saisir par le Christ. C’est cela qui a fait de lui un missionnaire incroyable.
En réalité, nous évangélisons trop peu, car nous sommes trop peu persuadés que Jésus est le chemin, la vérité et la vie. Quand un chrétien est intimement convaincu de cela, il est immédiatement missionnaire ! En clair, il n’y a pas de dynamisme missionnaire là où il n’y a pas de réelle vie de foi ; et la « conversion missionnaire » de tous ne peut advenir que par la conversion personnelle de chacun.
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