Paroisses Hebdo n°102
Il y a un an, le pape François adressait à l’Eglise tout entière une lettre apostolique sur la crèche : Admirabile signum, le merveilleux signe de la crèche. Par cette lettre, le pape nous a invités à ne pas négliger cette tradition et à entrer plus profondément dans sa signification : “Je souhaite que cette pratique ne se perde pas ; mais au contraire, j'espère que là où elle est tombée en désuétude, elle puisse être redécouverte et revitalisée.”
La crèche nous fait entrer dans la joie et l’espérance. Elle est un moyen de nous rassembler pour célébrer la naissance du Christ et la venue de notre Salut. Elle est un instrument pour la transmission de la foi : “La crèche fait partie du processus doux et exigeant de la transmission de la foi. Dès l'enfance et ensuite à chaque âge de la vie, elle nous apprend à contempler Jésus, à ressentir l'amour de Dieu pour nous”.
La crèche est une œuvre d’évangélisation : “Représenter l'événement de la naissance de Jésus, équivaut à annoncer le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu avec simplicité et joie. La crèche, en effet, est comme un Évangile vivant, qui découle des pages de la Sainte Écriture.” Et le pape ajoute : “Saint François, par la simplicité de ce signe [la crèche], a réalisé une grande œuvre d'évangélisation. Son enseignement a pénétré le cœur des chrétiens et reste jusqu'à nos jours une manière authentique de proposer de nouveau la beauté de notre foi avec simplicité.”
La crèche visible est une invitation à préparer une crèche invisible, celle de notre âme. A Noël, le Seigneur ne nait pas dans un palais propre, lumineux et chauffé. Il nait dans la pauvreté d’une crèche sombre et froide. Le temps de l’Avent est l’occasion de laisser le Seigneur entrer dans les recoins sombres et froids de notre âme pour les transfigurer.
A la cathédrale, l’installation de la crèche est désormais terminée. Venez admirer les nouveaux santons, venez prier seul ou en famille pour préparer vos cœurs à la solennité de Noël et déposer vos peines, vos soucis.
Les évènements particulièrement douloureux de cette année nous font sentir combien nous avons besoin d’être sauvés par le Christ. Alors, entrons avec joie et espérance dans le temps de l’Avent et faisons nôtre ce cri de toute l’Eglise : “Viens Seigneur, viens nous sauver !”
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1ier dimanche de l'Avent
Eglise Saint-Jacques
Cathédrale
Eglise Saint-Leu
Paroisses Hebdo n°101
« Dans les épreuves : Unité, dans le doute : Liberté, en toute chose : Charité. »
Nous trouvons dans cette devise de saint Augustin une boussole sûre pour nous orienter au milieu des brumes de notre époque particulièrement troublée. Épidémie, attentats, limitation du droit de réunion et manifestations pour la messe… Autant d’évènements qui, au lieu de conduire l’Église à se rassembler, avivent de profondes divisions. Le diable – diabolos, le diviseur – tisse sa toile pour nous attraper. Tomberons-nous dans ses filets ?
Le premier piège consiste à nous laisser endormir lentement par une laïcité mal comprise. Atteints par un consensualisme mou et, disons-le franchement, par un affadissement spirituel, nous serions prêts à devenir peu à peu des chrétiens par procuration. Grâce aux écrans, la messe ne serait plus vraiment nécessaire… Alors, faut-il sacrifier l’Église pour la société ? Non.
Le second piège consiste à nous désolidariser du monde. Certes nous « n’appartenons pas » au monde, mais nous sommes « dans le monde » (Jn 15, 19). Et plus que jamais, le monde a besoin de l’Église, priante et agissante, dans les églises, les maisons et auprès des plus pauvres. Donnerons-nous ce témoignage ou étalerons-nous nos déchirures, au risque d’altérer plus encore le témoignage authentique que le Christ attend de nous ? Faut-il sacrifier la société pour l’Église ? Non.
Le dernier piège consiste à utiliser les armes du monde au nom même de la défense de la foi. Victimisation, communautarisme, anathèmes contre les pasteurs de l’Église… Comme les apôtres qui reprochaient au Christ de ne pas prendre le pouvoir en Israël, nous voudrions une Église plus « pure », plus « courageuse »… Faut-il donc sacrifier l’Église pour en faire une autre, à notre image ? Non.
Alors reprenons.
L’unité. Elle n’est pas l’uniformité. Elle consiste à rechercher le Bien commun intégral, sans opposer celui de l’Église à celui de la société, puisque nous sommes et dans l’une et dans l’autre. Elle signifie également que différentes positions peuvent légitimement exister si l’on garde à l’esprit et au cœur que Celui qui nous unit dépasse infiniment nos différences.
La liberté. Elle invite chacun à agir en conscience, éclairée par la prière et par la parole des pasteurs légitimes de l’Église. Dans une situation que nous savons évolutive et transitoire, elle nous invite à utiliser autant que possible les moyens qui nous sont donnés. Ces moyens sont certes incomplets – ils ne « remplacent » pas la messe – mais ils ne sont pas pour autant dénués de valeur et d’efficacité pour notre sanctification.
La charité. Toute action qui ne prend pas sa source en elle se prive elle-même de toute fécondité. Avec elle, tout peut être fait par amour : prière, sacrifice, solidarité, engagement social ou politique. Posons-nous la question : mes engagements sont-ils motivés par la charité ? Pour le savoir, il n’est qu’à regarder la Croix : elle nous apprend qu’il n’y a pas de charité sans un amour désintéressé de soi-même ; sans abandon ni obéissance.
Unité, liberté, charité. C’est ce que nous cherchons à vivre en communauté. Comme hommes et comme prêtres, nous pouvons avoir des regards différents sur l’actualité, mais nous savons que l’heure est trop grave pour nous diviser. En cette fin d’année liturgique, nous formulons ensemble cette prière pour chacun de vous, vos familles et nos paroisses : que le Christ Roi de l’Univers fasse grandir en nous l’unité, la liberté et la charité !
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Prier en famille
Un temps de prière à préparer et vivre tous ensemble.
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Paroisses Hebdo n°100
La rencontre entre le catéchumène soldat Martin avec le pauvre de la porte d’Amiens fut une expérience fondatrice, mais pas seulement. Toute sa vie, Martin fut un infatigable serviteur des pauvres. Il n’a pas fait une première action d’éclat ; il a à la fois discrètement et concrètement vécu la lutte contre la pauvreté sous toutes ses formes.
Ses actes de charité ne doivent pas en faire un héros, mais nous inviter à tourner notre regard vers le Christ, qui en est la source et le destinataire. C’est ainsi qu’il lui apparut en songe la nuit suivante en disant : « Martin, encore catéchumène, m’a revêtu de son manteau ! »
Ainsi, Martin n’était pas encore baptisé… et pourtant la charité du Christ inspire déjà son action. C’est ainsi qu’il fut un homme habité par Dieu, un apôtre zélé de la charité, un évangélisateur hors pair, et devint un des grands évangélisateurs de la Gaule du IVème siècle.
L’évangélisation aussi est très concrètement une lutte contre la pauvreté, car ne pas connaître le Christ, ne pas avoir les moyens ordinaires que l’Eglise propose pour entrer en relation avec lui, est la plus grande des pauvretés !
Le monde d’aujourd’hui doit donc à la suite de Martin regarder en face toutes les formes de pauvreté. Pauvreté matérielle : le manque de vêtements, d’un toit, de quoi manger… et on oublie trop souvent les pauvretés spirituelles : isolement et exclusion, détresse, oppression ou privation, par harcèlement, exclusion, prosélytisme, totalitarisme, privation de droits, par un laïcisme militant, en idolâtrant la santé du corps par rapport à la santé de l’âme… qui peuvent éloigner chacune à sa manière du Christ.
Puissions-nous avoir un réel engagement contre toutes les causes de pauvreté et y apporter le visage du Christ.
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Prier en famille
Un temps de prière à préparer et vivre tous ensemble.
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Messe en direct de la Cathédrale Notre-Dame d'Amiens
La célébration sera retransmise en direct sur la chaine YouTube du diocèse : Notre-Dame d'Amiens et sur la page FaceBook Paroisse Cathédrale d'Amiens
Paroisses Hebdo n°99
« Veillez » ! Ce mot de l’évangile résonne fort en cette période. Devant les tensions, l’incertitude, les angoisses qui marquent notre monde, devant le drame des attentats, nous nous sentons bien petits. Que pourrions-nous faire face à une situation qui désoriente même les responsables politiques chevronnés ?
Petits, nous le sommes, mais en possession d’un grand pouvoir. Malgré l’impossibilité de nous réunir pour célébrer le Seigneur, nous avons la possibilité de prier. Et de prière, notre monde en a vraiment besoin.
C’est le moment d’y mettre tout notre cœur, et de devenir des veilleurs d’espérance. Veilleurs dans la prière pour nos responsables politiques, économiques et ecclésiaux, qui ont sur leurs épaules de lourdes responsabilités. Pour ceux qui se démènent, avec des moyens souvent trop faibles, pour que notre pays continue à fonctionner autant que possible.
Veilleurs dans la prière pour ceux qui sont touchés par la violence, la crise économique, la maladie, le deuil, les situations familiales difficiles. Veilleurs dans la prière pour nous-mêmes. Pour que l’angoisse ne nous paralyse pas, pour que notre vigilance intérieure ne s’émousse pas, pour que nous menions courageusement le combat spirituel qui a lieu dans l’intimité de notre âme.
Veilleurs pour rester à notre poste, là où Dieu nous a mis et accomplir le mieux possible notre devoir. Veilleurs pour entendre les appels que le Seigneur peut nous lancer pour le service de nos frères. Sans messe, mais pas sans Jésus !
Nous pouvons prier dans le secret de notre chambre, mais aussi en famille, petite église domestique. Puisque nous pouvons nous rendre dans les lieux de culte, prenons aussi un temps, cette semaine, pour veiller avec le Christ présent dans le tabernacle de nos églises. Vous trouverez les horaires d’ouverture exceptionnelles dans ce numéro. Bonne semaine, en union de prière.
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Fiche Caté du 8 novembre
Depuis le lundi 2 novembre, nous ne pouvons plus assister à la messe ni venir au catéchisme. Voici un petit outil pour vous permettre de prier avec vos enfants.
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Paroisses Hebdo n°98
Les attentats des derniers jours, le retour du confinement, la menace de la pandémie, le péril économique, l’hiver qui vient... ne doivent nous voler ni notre joie, ni notre espérance ! La peur aura-t-elle le dernier mot ?
Fidèle compagne de l’homme, la peur n’est jamais loin. Insidieuse, sournoise ou brutale, la peur a fait son retour sur le devant de la scène.
La peur est entrée dans le monde avec la faute d’Adam et Ève. Honteux, ils se sont cachés, tremblants de peur. Depuis, la loi et les prophètes ont été donnés par Dieu, pour réguler cette peur, afin qu’elle ne nous domine pas totalement et soit orientée vers le bien. Mais elles n’ont pas suffi à sauver la peur.
Il a fallu que le Fils de Dieu lui-même, dans son incarnation, passe par l’expérience de la peur pour l’évangéliser. Il a assumé toutes nos peurs afin que nous ne laissions plus paralyser par elle.
Aux jardins des oliviers, lors de son agonie, Jésus suait la peur de la mort. Il en saignait. « Éloigne de moi cette coupe ! » Ses disciples, endormis, le laissèrent seul dans l’effroi. Jésus a éprouvé cette nuit-là toutes les peurs : peur de la solitude, du rejet, de l’échec ; peur d’une mort absurde et inutile, peur de ne pas prendre les bonnes décisions, de se tromper, de rater sa vie, de faire confiance...
Que d’hésitations ! Et puis vinrent la confiance et l’abandon : « Non pas ma volonté, mais la tienne ». « Ma vie, nul ne me la prend, mais c’est moi qui la donne ». Oui, Jésus a été tenté par l’angoisse de la confiance. Il lui fallait prendre un risque, oser s’engager, lâcher prise.
Avec la grâce de Dieu, nous sommes vainqueurs : de la peur de la mort par le courage de vivre, des angoisses de la liberté par des choix audacieux, et de la crainte des esclaves par la confiance aimante. N’ayons pas peur d’avoir peur, car Il a traversé la peur.
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